Le Kavod – Étude biblique

Le Kavod – Étude biblique

L'Étude de la racine כבד, du Pasteur Eric Perus, de la liberté d’« exister » et du respect envers Dieu, les parents et le prochain, à la lumière des Écritures.

Illustration de l'étude sur le Kavod
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Le Kavod – Étude biblique - Introduction

La racine hébraïque כבד est sans doute l’une des plus riches de toute la Bible, car elle éclaire un des fondements du fonctionnement de l’humanité : l’« être », l’existence même de chacun.

Pourtant, la Parole nous enseigne que nous devons « mourir à nous‑mêmes » :

« Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, 14 car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit d’Elohim sont fils d’Elohim. »

Nous voyons ensuite que c’est Jésus (Yeshoua HaMashiah) qui doit devenir notre moteur, la source de toutes nos décisions et de toutes nos actions :

« J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c‘est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils d’Elohim, qui m’a aimé et qui s’est livré lui‑même pour moi. »

Enfin, l’Eternel désire que nous « existions », non comme des animaux, mais comme des êtres libres et responsables.

« Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure; 27 il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, 28 car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. … »

Chouraqui traduit : « En elle (la divinité) nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes. »

Nous sommes donc face à une apparente contradiction entre le fait de « mourir à soi‑même » et celui d’« être ».

Si nous regardons le Tétragramme, ce Nom imprononçable de l’Eternel, יהוה, il signifie littéralement « Il sera ». C’est un Nom construit sur la racine du verbe « être » (formes hébraïques usuelles de הָיָה / הוה). Or, ayant été créés à l’image de l’Eternel, nous devons nous aussi « être, exister », mais pas seulement.

En nous donnant Son Souffle, l’Eternel veut nous faire exister, nous faire vivre; et parce que nous avons reçu ce Souffle et que nous sommes créés à Son image, nous sommes également appelés à « faire exister notre prochain ».

La question devient donc : « Que signifie être, exister ? » Prenons l’exemple d’un simple « poteau » : il « est » là, mais existe‑t‑il vraiment ? Non, car il est mort, c’est un objet. « Exister », c’est être vivant.

L’Eternel a déposé en chacun une part de Son souffle de vie, la Neshamah (l’esprit humain), qui est donc d’origine divine. Ce que l’Eternel désire, c’est que toutes ces Neshamot soient rassemblées à Lui, puisqu’elles sont une part de Lui; c’est ainsi que l’Eternel sera UN.

Nous comprenons par là que le but de nos existences est d’aboutir à la communion entre les humains, mais aussi avec l’Eternel. C’est ce que la Bible appelle le « Royaume de l’Eternel ».

« Cherchez premièrement le royaume et la justice d’Elohim; et toutes ces choses vous seront données par‑dessus. 34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui‑même. A chaque jour suffit sa peine. »

Remarquons que le mot « bonheur » se conjugue avec le verbe « être ». Tandis que la chair est le plus souvent associée au verbe « avoir » : la chair a ses besoins, ses désirs, etc.

Dans la vie d’un couple, chacun accomplit sa part pour faire vivre le couple. Par exemple, le mari passera l’aspirateur, travaillera pour ramener un salaire, etc. Mais s’il le fait à contre‑cœur, uniquement par devoir, sans aucun véritable sentiment pour son épouse, au bout d’un moment le divorce guette, car il manque le cœur.

La relation que nous devons entretenir avec le Seigneur est du même ordre : nous avons des actes à poser pour le servir et construire le Royaume avec Lui; mais si tout cela est accompli seulement par devoir, Il ne peut pas l’apprécier. Un jour, la relation s’effritera, parce que ces actes forcés deviennent pour nous des charges trop lourdes à porter.

En nous entraînant à aimer notre prochain, nous apprenons à aimer l’Eternel.

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La racine כבד

Cette racine « Kavad » se décline notamment en Koved et Kaved. Examinons quelques passages bibliques.

2.1. Kavad (כבד)

Le sens général de la racine כבד est « être lourd » :

  • au sens positif : riche, nombreux, honorable;
  • au sens négatif : encombrant, sévère, ennuyeux.

« Je suis l’Eternel, c’est là mon Nom; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles. »

Chouraqui : « Moi, IHVH–Adonaï, lui, mon nom; ma gloire, à nul autre je ne la donne, ni ma louange aux sculptures. »

« Ils les accumulent (les crapauds) monceaux par monceaux et la terre pue. 15 Pharaon voit: oui, c’était un soulagement. Mais il alourdit son cœur et il ne les entend pas, comme avait parlé IHVH–Adonaï. »

« Les Amoréens voulurent rester à Har‑Hérès, à Ajalon et à Schaalbim; mais la main de la maison de Joseph s’appesantit sur eux, et ils furent assujettis à un tribut. »

« Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or. »

« Et moi, je vais endurcir le cœur des Egyptiens, pour qu’ils y entrent après eux: et Pharaon et toute son armée, ses chars et ses cavaliers, feront éclater ma gloire. »

« Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, Et l’homme qui possède l’intelligence ! … 16 Dans sa droite est une longue vie; Dans sa gauche, la richesse et la gloire. 17 Ses voies sont des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles. 18 Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, Et ceux qui la possèdent sont heureux. »

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Eternel, ton Elohim, te donne. »

Ce dernier verset doit être complété par les textes suivants :

« Celui qui frappera son père ou sa mère sera puni de mort. »

« Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. »

« Si quelqu’un maudit son père et sa mère, Sa lampe s’éteindra au milieu des ténèbres. »

« Chacun de vous respectera sa mère et son père, et observera mes shabbats. Je suis l’Eternel, votre Elohim. »

« Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard. Tu craindras ton Elohim. Je suis l’Eternel. »

« Ecoute, mon fils, l’instruction de ton père, Et ne rejette pas l’enseignement de ta mère. »

« L’insensé dédaigne l’instruction de son père, Mais celui qui a égard à la réprimande agit avec prudence. »

« Ecoute ton père, lui qui t’a engendré, Et ne méprise pas ta mère, quand elle est devenue vieille. »

« Celui qui vole son père et sa mère, Et qui dit: Ce n’est pas un péché ! Est le compagnon du destructeur. »

« L’œil qui se moque d’un père Et qui dédaigne l’obéissance envers une mère, Les corbeaux du torrent le perceront, Et les petits de l’aigle le mangeront. »

« Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Si je suis père, où est l’honneur qui m’est dû ? Si je suis maître, où est la crainte qu’on a de moi ? Dit l’Eternel des armées à vous, sacrificateurs, Qui méprisez mon nom, Et qui dites: En quoi avons‑nous méprisé ton nom ? »

2.2. Koved (כובד)

Sous cette forme, le sens est : poids, multitude, véhémence, acharnement, violence.

« Voici, le nom de l’Eternel vient de loin; Sa colère est ardente, c’est un violent incendie; Ses lèvres sont pleines de fureur, Et sa langue est comme un feu dévorant; »

Chouraqui : « Voici, le nom de IHVH–Adonaï vient de loin, sa narine brûle, sa charge est lourde, ses lèvres sont remplies d’exaspération, sa langue est comme un feu dévorant. »

« Les cavaliers s’élancent, l’épée étincelle, la lance brille… Une multitude de blessés !… une foule de cadavres !… Des morts à l’infini !… On tombe sur les morts ! »

2.3. Kaved (כבד – foie)

Cette forme signifie : chargé, embarrassé, inintelligible, épais. Mais elle désigne aussi le foie, un organe vital.

« Ses trente-neuf apparitions dans l'Ancien Testament oscillent entre lourdeur littérale, fardeau oppressant et gravité morale qui invite et résiste à la gloire d’Elohim seul. En suivant ces mouvements, on comprend comment l'histoire, le culte et l'espérance prophétique d'Israël sont constamment interprétés à travers la notion de ‘poids’. » Source : Bible Hub

« Les habitants du pays, les Cananéens, furent témoins de ce deuil dans l’aire d’Athad, et ils dirent: Voilà un grand deuil parmi les Egyptiens ! … »

« Moïse dit à l’Eternel: Ah! Seigneur, je ne suis pas un homme qui ait la parole facile, et ce n’est ni d’hier ni d’avant‑hier, ni même depuis que tu parles à ton serviteur; car j’ai la bouche et la langue embarrassées. »

Chouraqui : « Oui, je suis lourd de bouche et lourd de langue, moi–même. »

« Désigne également le foie, l'un des organes les plus volumineux et les plus lourds du corps. Dans la pensée du Proche‑Orient ancien, il était associé à la vigueur, à la vitalité et aux émotions profondes. La vie étant comprise comme se trouvant dans le sang et les organes vitaux, le foie en est venu à symboliser le centre même de l'existence physique et émotionnelle.

L'Israélite pouvait consommer la viande, mais l'organe vital était rendu à Dieu par le feu, rappel vivant que toute vie vient de Lui et doit Lui être consacrée. La place centrale du foie dans ces rites souligne l'exigence d'un culte qui transcende les formes extérieures pour atteindre l'être le plus profond. » Source : Bible Hub

« Et voici, il fut abordé par une femme Ayant la mise d’une prostituée et la ruse dans le cœur. … 21 Elle le séduisit à force de paroles, Elle l’entraîna par ses lèvres doucereuses. 22 Il se mit tout à coup à la suivre, Comme le bœuf qui va à la boucherie, Comme un fou qu’on lie pour le châtier, 23 Jusqu’à ce qu’une flèche lui perce le foie, Comme l’oiseau qui se précipite dans le filet, Sans savoir que c’est au prix de sa vie. »

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Réflexions sur la vie

La vie est faite de toutes sortes de moments : certains sont, humainement parlant, prévus et plus ou moins contrôlés; d’autres, au contraire, sont totalement inattendus, surprenants, incompréhensibles, et parfois très douloureux. Celui qui affirme qu’il conduit et maîtrise sa vie n’a pas encore bien compris : il rêve, et finira par « atterrir » comme tout le monde.

Nous croyons que, lorsque nous avons donné notre vie au Seigneur, c’est Lui qui en établit le programme, avec toutes sortes de joies et de tristesses, selon Sa volonté, nos choix, notre entourage, nos états d’âme, notre santé, notre histoire, notre obéissance ou non à la Parole, etc. Cela commence même avant que nous ayons pu réaliser qu’il fallait confier notre vie au Maître du monde, c’est‑à‑dire dès la naissance et même dès la conception.

Si tu t’approches réellement du Seigneur, tu ne dépends plus de la conjoncture : la relation privilégiée avec Lui s’appelle « Providence ». Si tu t’éloignes de Lui, ta vie prend alors l’apparence d’une suite de hasards incompréhensibles.

Quand tu t’éloignes de l’Eternel, tu le vois tout petit, et inversement.

Le Nom de l’Eternel, יהוה, est le verbe « être » : l’Eternel est celui qui « Est » et qui « fait être » Ses créatures. Toute la question est donc de comprendre ce que signifie « être, exister ». N’oublions pas que Yeshoua disait que certaines personnes pourtant vivantes étaient en réalité mortes.

« Mais Yeshoua lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume d’Elohim. »

Autrement dit, bien qu’elles paraissent vivantes, ces personnes n’avaient pas la vie éternelle; leurs noms n’étaient pas inscrits dans les Cieux.

Mais il faut aussi considérer que, sur le plan humain, certaines personnes n’ont pas vraiment de vie terrestre : elles ne « sont » pas humainement, même si elles semblent vivantes. Je pense aux personnes en esclavage, à tous les opprimés, etc. La liste est longue. En réalité, ces personnes sont empêchées d’exister par des oppresseurs.

Le Seigneur veut nous donner la liberté d’exister.

« Je suis l’Eternel, ton Elohim, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. »

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. »

« Et cela, à cause des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Yeshoua HaMashiah, avec l’intention de nous asservir. »

Un des critères de l’esclavage, c’est de ne pas avoir droit à la parole : même si vous parlez, votre parole est ignorée, inutile, et, ce faisant, vous n’existez pas. Dans les camps de concentration, les Juifs n’avaient pas le droit d’adresser la parole aux nazis, mais seulement de répondre aux questions éventuelles.

Un des processus fondamentaux pour sortir de l’esclavage, c’est le respect de soi.

Dans le cœur de l’homme, le Seigneur a placé, d’une part, la pensée de l’éternité (Ecclésiaste 3.11), et d’autre part, le désir « d’être » sur cette terre : d’exister, d’être reconnu, d’être utile. C’est pourquoi les humains font tout ce qu’ils peuvent pour être « quelqu’un » aux yeux des autres, bref, pour « exister » d’un point de vue humain.

Le drame, c’est lorsque l’on veut « être comme tout le monde » : en réalité, on n’est plus personne.

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« Tu aimeras… » : le défi de l’amour

Chacun s’efforce alors de se distinguer de l’autre pour être remarqué, apprécié, aimé. Avez‑vous remarqué que l’Eternel commence par donner l’ordre de L’aimer, Lui, en premier ?

« Tu aimeras l’Eternel, ton Elohim, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

Comment peut‑on aimer sur ordre ? Cela nous semble contre‑nature : on dit qu’on ne peut pas se forcer à aimer, n’est‑ce pas ? Alors, que veut‑Il dire ? Et d’abord, est‑ce Lui que nous aimons, ou Ses bénédictions ? C’est une question cruciale.

L’amour est une construction qui passe par plusieurs étapes :

  • Le respect,
  • Puis vient l’admiration,
  • Qui se transforme finalement en amour.

L’amour, c’est l’équivalence des volontés. Ce n’est pas naturel d’aimer, on s’aime quand on fait UN.

Mais qu’est‑ce que le « respect » ? En hébreu, on dit Kavod, c’est‑à‑dire « donner du poids, de la valeur, considérer ».

« Faire le Kavod » de quelqu’un, c’est lui donner le droit, la possibilité d’exister. Il faut donc, en premier, donner le Kavod à l’Eternel, puis aussi à notre prochain.

Envers l’Eternel, le respect consiste au minimum à prendre Ses paroles au sérieux et à s’y conformer. Envers les autres, notre prochain, le respect consiste à leur donner « le droit, la possibilité d’être », car telle est la volonté du Père pour chacun. Et nous retrouvons encore ce mot : « être, exister ».

Par exemple, dans un couple, le respect de l’autre consiste à lui permettre d’être lui‑même ou elle‑même, et d’entrer dans sa destinée. Un mari ne sera véritablement épanoui que si son épouse est une véritable épouse épanouie. Si l’un écrase l’autre, il l’empêche d’« être », d’« exister ». Si l’un ou l’autre n’honore pas les promesses et les devoirs du mariage, il empêche l’autre d’exister pleinement et d’entrer sereinement dans son chemin. On comprend alors pourquoi il n’y a pas d’amour, puisqu’il n’y a déjà pas de respect; et, malheureusement, cela finit souvent mal.

Remarque : Dans un couple, l’homme et la femme sont deux aspects d’une même Neshamah qu’il faut UNIFIER. Remarquez que, lors de la création d’Adam, l’Eternel a soufflé Son souffle dans l’Adam qui contenait déjà son épouse. Chouraqui traduit : « IHVH–Adonaï Elohîms bâtit la côte, qu’il avait prise du glébeux, en femme », mais l’Eternel n’a pas eu besoin de souffler une seconde fois. Ceci est un grand mystère.

Pour créer un amour commun, il faut « tuer » deux amours propres. Le mariage est une coexistence, pas une simple cohabitation, car le couple est aussi un « être » en soi. Lorsque l’on mélange une peinture jaune avec une peinture bleue, on obtient du vert : on ne voit plus ni le jaune, ni le bleu, et cela change tout. L’amour consiste donc, entre autres, à choisir de changer pour l’autre.
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Le respect des parents âgés

En ce qui concerne les parents, le respect qui leur est dû, selon les Écritures, consiste à leur donner du poids, de la valeur. Qu’est‑ce que cela signifie concrètement ? Est‑ce seulement s’occuper d’eux dans leur vieillesse, lorsqu’ils deviennent dépendants ? Non, ce n’est là qu’une facette de la question.

D’ailleurs, les parents se sont occupés de leurs enfants depuis la naissance, avec les pleurs, les couches, les nuits blanches, et bien d’autres choses encore. Puis vient toute l’éducation, parfois compliquée, et différente pour chaque enfant. Il y a donc un juste retour des choses à la fin de la vie des parents : c’est une simple reconnaissance que d’honorer leur vieillesse, et je crois que l’Eternel a bien fait de donner ce 5e commandement.

Certains diront que s’occuper de ses vieux parents est une obligation morale, et c’est vrai. Mais si cela est fait avec reconnaissance, cette reconnaissance enlève toute la lourdeur de l’obligation : toute la différence est là.

Le respect des parents, et des aînés en général, consiste à leur permettre « d’être ». En quoi cela consiste‑t‑il ? Sauf si les parents sont réellement dangereux, ce qui est malgré tout assez rare, ils ont acquis une expérience pratique et parfois spirituelle, et c’est un trésor qui s’apprête à disparaître, parce que leur vie terrestre touche à sa fin.

Le respect consiste donc à prendre en compte l’expérience des aînés. Ce n’est que la première marche vers l’amour véritable dû aux parents. Si cela n’est pas fait, on risque d’avoir des regrets, un jour, au cimetière; mais ce sera alors trop tard : on aura manqué de respect et, par conséquent, d’amour.

Nous avons pu constater que, dans nos églises, un fossé s’est creusé entre les générations; c’est grave. Mais si cela se produit dans une famille, c’est encore pire. Lorsqu’un enfant adulte méprise, ou seulement se méfie, de ses parents âgés, quelque chose s’est rompu dans la chaîne des générations, et cela semble parfois irréparable.

Les vieux parents perdent alors leur valeur, leur « raison d’être », et se rapprochent d’autres aînés qui souffrent du même mal, afin de se consoler. Mais leur vie s’étiole doucement, car leur parole n’est plus considérée.

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Une brisure générationnelle

Les enfants qui se méfient de leurs parents ne mesurent pas le danger : en réalité, eux‑mêmes ne peuvent pas véritablement exister. Ils se cherchent et posent des actes qu’ils pensent valorisants… mais pour quel véritable objectif ?

Si un chrétien pense accomplir des œuvres pour le Seigneur, alors qu’il ne considère pas ses parents comme nous venons de le décrire, soyez sûrs qu’en réalité, ses œuvres ont pour but profond de lui donner l’impression d’exister, de se faire aimer des autres. Ce sont donc, en vérité, des œuvres pour lui‑même; et l’on peut se demander ce qu’en pense le Seigneur.

Pourquoi l’Eternel a‑t‑Il donné, comme 5e commandement, d’honorer son père et sa mère ? Notez qu’Il ne demande pas d’honorer « ses parents » en bloc, mais bien « son père et sa mère », car chacun est différent et complémentaire, et chacun mérite l’honneur.

Cet ordre est donné parce que « Père et Mère » constituent la racine humaine de chaque personne, et que, sans cette racine, la branche est, humainement, flottante. Nous savons que tous les enfants qui ne connaissent pas leurs deux parents sont en manque de quelque chose, et cherchent parfois fiévreusement à connaître leurs origines.

Une branche flottante est en manque et se cherche. Voulant exister, elle a besoin du regard des autres, dont elle devient dépendante, et donc fragile. N’ayant pas honoré sa propre racine, volontairement ou non, elle n’a pas trouvé sa reconnaissance, et la cherche par tous les moyens.

Vous allez peut‑être penser que le chrétien est normalement greffé sur le Cep, c’est‑à‑dire Yeshoua HaMashiah, la racine.

« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

On pourrait alors imaginer que, dans ces conditions, l’on pourrait se passer de la racine terrestre. Mais, dans ce cas, pourquoi la Bible ordonne‑t‑elle d’honorer son père et sa mère terrestres ? Pourquoi dit‑elle que celui qui n’a pas soin des siens est pire qu’un infidèle ?

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. »

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S’épanouir en toutes choses

Il faut donc considérer deux choses : d’une part, la vie éternelle; d’autre part, la manière dont nous vivons sur la terre, qui doit être en accord avec la volonté du Père. Or Il a lié au 5e commandement un prolongement possible de la durée de la vie terrestre. Pourquoi ?

Exode 20.12 (Chouraqui)

« Glorifie ton père et ta mère, pour que se prolongent tes jours sur la glèbe que IHVH–Adonaï, ton Elohîms, te donne. »

La racine du verbe « se prolongent » est ארך, « Arak », qui signifie « être long, prolongé, croître longuement ». C’est un terme très positif, qui évoque l’épanouissement. C’est la même racine que l’on retrouve dans Esaïe 54.2 : « allonge tes cordages ! ».

Nous ne réalisons pas toujours que le respect que nous accordons à autrui contribue directement à notre propre épanouissement.

Nous ne mesurons pas non plus à quel point nos vies sont impactées par nos comportements vis‑à‑vis du respect dû aux personnes : respect entre conjoints, respect des parents et grands‑parents, des enfants, des autorités, etc.

Je crois que le Seigneur parle ici de l’utilité de nos jours. David est mort à 70 ans, « rassasié de jours » (1 Chroniques 23.1), tandis que Jacob, âgé de 130 ans, disait au Pharaon :

« Jacob répondit à Pharaon: Les jours des années de mon pèlerinage sont de cent trente ans. Les jours des années de ma vie ont été peu nombreux et mauvais, et ils n’ont point atteint les jours des années de la vie de mes pères durant leur pèlerinage. »

En clair, pour que chaque maillon d’une génération puisse « être, exister, s’épanouir », il faut que la génération précédente puisse, elle aussi, « exister ». En vérité, les maillons doivent se reconnaître mutuellement, car chacun, sur cette terre, a besoin d’une reconnaissance simplement humaine.

Pour qu’un fils (ou une fille) sache qu’il est « reconnu » et puisse « être » lui‑même, et entrer pleinement dans sa destinée, il doit honorer sa racine, car c’est son propre sang. S’il méprise sa racine terrestre, il se méprise, en partie, lui‑même, et se retrouve en manque d’assurance. Il cherchera alors reconnaissance et assurance par d’autres moyens. Il en va de même pour un enfant méprisé par ses parents, ou pour un conjoint qui en méprise un autre ou ne le respecte pas, au sens dont nous avons parlé.

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La recherche de reconnaissance

Chercher soi‑même la reconnaissance pour « exister » est un mode de vie fatigant, profondément usant, car exister dans le regard des autres est exigeant, et ce regard ne sera jamais celui d’amour du Père céleste, ni celui des pères et mères terrestres.

Par conséquent, sans l’honneur rendu aux deux parents (et même aux quatre pour un couple), le fils ou la fille connaîtra une vie moins épanouie, rongée par ce manque. C’est pourquoi il est écrit :

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Eternel, ton Elohim, te donne. »

« Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard. Tu craindras ton Elohim. Je suis l’Eternel. »

Honorer ses parents ne signifie pas être d’accord avec eux sur tout, ni suivre exactement le même chemin. Chacun a sa route et sa propre existence; mais si tu sais d’où tu viens, tu sauras où tu vas, et tu en comprendras le sens. L’homme est un maillon d’une longue chaîne de générations, et le passage d’un maillon à l’autre s’imprime et modifie le génome familial.

Celui (ou celle) qui ne respecte pas l’autre n’est, en général, pas respecté non plus : c’est la loi des semailles. Si tu ne respectes pas tes deux parents, tu considères qu’ils n’ont pas de valeur à tes yeux; tu prends alors le risque de n’en avoir pas davantage un jour aux yeux des autres. Tu chercheras donc à acquérir de la valeur par d’autres moyens, mais tout cela restera éphémère, car les yeux des autres ne sont pas ceux du Seigneur.

Quelqu’un qui ne s’aime pas cherche l’amour de l’autre.

La dure réalité de cette société de fin des temps est, entre autres, que les aînés ont été mis à l’écart de beaucoup d’églises, et tout simplement des familles en général. Il en résulte une grande agitation dans le monde, chacun essayant d’« exister » d’une manière ou d’une autre.

Celui qui fait « exister » dans le ciel et sur la terre, c’est יהוה, l’Eternel. C’est Lui qui nous a donné Sa Torah et la Torah de Yeshoua, sachant que l’observation de celle‑ci conduit à admirer Son œuvre et Sa personne, pour nous amener à L’aimer et à faire UN avec Lui; finalement, c’est « être » à Son image.

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« Où est l’honneur qui m’est dû ? »

Beaucoup de gens vivent en réaction à leur entourage, c’est‑à‑dire que leurs décisions découlent de pressions extérieures.

Par exemple, un jeune se lance dans des études de médecine qu’il n’aime pas, uniquement pour ne pas décevoir ses parents, médecins eux‑mêmes.

D’autres ont vendu leur maison et « suivi le Seigneur » dans un pays lointain, simplement à la suite d’une prophétie. Arrivés là‑bas, personne ne les attendait, et ils n’y ont rien trouvé à faire. Quel manque de sagesse… Est‑ce ainsi que l’on « honore le Seigneur » ?

Prendre des décisions réfléchies demande beaucoup de maturité. Les décisions qui plaisent au Seigneur supposent à la fois la maturité, une communion intime avec Lui, et une vraie connaissance des Écritures.

Pour bien servir le Seigneur et L’honorer, il faut apprendre à « exister ».

Si l’Eternel nous a donné un souffle de vie, c’est pour que nous existions pour Lui. Chacun de nous reçoit du Seigneur un projet de vie. C’est lorsque nous entrons volontairement dans ce projet que nous L’honorons réellement.

La difficulté consiste donc à s’extraire des influences négatives de notre environnement pour entrer dans le plan du Seigneur pour nous. En vérité, c’est un combat qui nous fait mûrir jour après jour.

Tout ce que l’on fait à contre‑cœur est un barrage à la lumière, c’est l’obscurité.

Nous ne comprenons pas tout, mais ce que nous ne comprenons pas, nous devons l’accepter. Par exemple, Esther a eu une jeunesse cachée : il ne fallait pas révéler qu’elle était juive; elle devait vivre dans la pudeur, etc. Puis, un jour, elle fut choisie par un roi païen pour devenir son épouse ! Que pouvait‑elle comprendre ? Était‑ce le plan de l’Eternel qu’une fille juive épouse un païen ?

Or, nous savons que, par son intervention auprès du roi, Esther a sauvé le peuple d’Israël. Mardochée lui avait dit :

« Car, si tu te tais maintenant, le secours et la délivrance surgiront d’autre part pour les Juifs, et toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui‑ci que tu es parvenue à la royauté ? »

Connaissait‑elle à l’avance cette « œuvre préparée d’avance » ? Non, bien sûr; et il en est souvent de même pour nous.

L’humble est celui qui connaît sa place, il vit sa vie. Celui qui n’existe pas est obligé d’être orgueilleux.

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Sanctification, respect et destinée

Pour que notre vie « honore » le Seigneur, il faut d’abord se sanctifier, c’est‑à‑dire accepter avec joie les limites et les ordonnances que l’Eternel a fixées pour Son peuple.

Par ailleurs, nous honorons notre prochain en lui donnant la possibilité d’entrer dans sa destinée. Il arrive que certaines personnes aient une personnalité tellement dominante que leur entourage ne parvient pas à exister; ce n’est pas la volonté du Père.

Quand tu empêches l’autre d’exister par la haine, la vengeance, etc., tu empêches l’Eternel d’exister dans ta vie.
Le respect est un décapsuleur de potentiel !

Nous devons ensuite nous appliquer à rechercher et à entrer dans Sa volonté pour nous. Einstein disait : « Dieu ne joue pas aux dés ! », ce qui signifie que rien n’arrive au hasard.

Pour le comprendre, il nous faut donner au Père céleste le « droit d’exister » dans nos vies, car le Seigneur ne s’impose jamais. Certains voient Sa main dans tout ce qu’ils vivent; d’autres ne voient que du hasard : là se trouve toute la différence.

« Reconnais‑le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers. »

Ne dis pas: « L’Eternel n’intervient pas ! », si tu ne Lui as pas fait de place.

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Le Kavod : analyse de textes

Esaïe 42.8 (hébreu)

אֲנִי יְהוָה הוּא שְׁמִי וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא אֶתֵּן וּתְהִלָּתִי לַפְּסִילִים׃

Translittération simplifiée

lapesilim outhilati lo‑’eten le’aher oukvodi shemi hou’ Adonaï ’ani

Traduction littérale

« Moi, l’Eternel, Lui, mon Nom; ma Gloire, je ne la donnerai pas à un autre, ni ma louange à des statues. »

Mot Racine / sens Commentaire grammatical Traduction
אֲנִי « Moi, je » Pronom indépendant, 1re pers. sing. Moi
יְהוָה Verbe « être, exister » Nom imprononçable de l’Eternel L’Eternel
הוּא « lui, celui » Pronom indépendant, 3e pers. sing. Lui
שְׁמִי « nom, réputation » Nom masc. sg + suffixe 1re pers. sg. Mon Nom
וּכְבוֹדִי כבד – gloire, richesse, honneur… Nom masc. sg + suffixe 1re pers. sg. + « et » Et ma gloire
לְאַחֵר « autre, autrui » Adj. masc. sg. + préfixe « pour, vers » A un autre
לֹא־אֶתֵּן נתן – donner, placer, établir Qal inaccompli 1re pers. sg. + négation Je ne donnerai pas
וּתְהִלָּתִי « louange, adoration » Nom fém. sg. + suffixe 1re pers. sg. + « et » Et ma louange
לַפְּסִילִים « image taillée, idole » Nom masc. pl. + préfixe « pour, vers » (+ article) A des statues

Exode 20.12 (hébreu)

כַּבֵּד אֶת־אָבִיךָ וְאֶת־אִמֶּךָ לְמַעַן יַאֲרִכוּן יָמֶיךָ עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ׃

Translittération simplifiée

ha’adamah ’al yameka ya’arikon lema’an ve’et‑’imeka ’et‑’avika kabed ’asher‑Adonaï ’eloheyka noten lakh

Mot Racine / sens Commentaire grammatical Traduction
כַּבֵּד כבד – être lourd, honorer, glorifier Piel impératif Honore
אֶת־אָבִיךָ « père, prince » Nom masc. sg. + suffixe 2e pers. masc. sg. Ton père
וְאֶת־אִמֶּךָ « mère » Nom fém. sg. + suffixe 2e pers. masc. sg. + « et » Et ta mère
לְמַעַן « afin que » Particule, conjonction Afin que
יַאֲרִכוּן ארך – prolonger, croître longuement Hifil inaccompli, 3e pers. masc. pl. Se prolongent
יָמֶיךָ « jour, durée » Nom masc. pl. + suffixe 2e pers. masc. sg. Tes jours
עַל « sur » Préposition Sur
הָאֲדָמָה « terre, sol » Nom fém. sg. Le sol
אֲשֶׁר־יְהוָה Nom de l’Eternel (être, exister) Précédé de « que » Que l’Eternel
אֱלֹהֶיךָ « Dieu, divinité » Nom masc. pl. + suffixe 2e pers. masc. sg. Ton Elohim
נֹתֵן נתן – donner, établir Qal participe masc. sg. Donnant
לָךְ « à toi » Préposition + suffixe A toi

Proverbes 7.23 (hébreu)

עַד־יְפַלַּח חֵץ כְּבֵדוֹ כְּמַהֵר צִיפּוֹר אֶל־פָּח וְלֹא־יָדַע כִּי־בְנַפְשׁוֹ הוּא׃

Translittération simplifiée

’ad yefalah hets kevedo kemaher tsipor ’el‑pah velo’‑yada’ ki‑venafsho hou’

Mot Racine / sens Commentaire grammatical Traduction
עַד « jusqu’à ce que » Particule, préposition Jusqu’à ce que
יְפַלַּח פלח – couper, fendre, percer Piel inaccompli, 3e pers. masc. sg. Transperce
חֵץ « flèche, trait » Nom masc. sg. Une flèche
כְּבֵדוֹ כבד – foie Nom masc. sg. + suffixe 3e pers. masc. sg. Son foie
כְּמַהֵר מהר – se hâter, courir Piel infinitif construit + « comme » Comme se hâte
צִיפּוֹר « oiseau, volaille » Nom des deux genres, sg. Un oiseau
אֶל־פָּח « piège, trappe » Nom masc. sg. précédé de « vers » Vers le piège
וְלֹא־יָדַע ידע – savoir, connaître Qal accompli, 3e pers. masc. sg. + négation Il ne sait pas
כִּי־בְנַפְשׁוֹ נפש – âme, être Nom sg. + suffixe 3e pers. masc. sg. + « dans », précédé de « car » Car c’est pour sa vie
הוּא « lui, celui » Pronom indépendant, 3e pers. sg. Lui
12

Récapitulatif des versets étudiés

Esaïe 42.8

אֲנִי יְהוָה הוּא שְׁמִי וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא אֶתֵּן וּתְהִלָּתִי לַפְּסִילִים׃

Exode 20.12

כַּבֵּד אֶת־אָבִיךָ וְאֶת־אִמֶּךָ לְמַעַן יַאֲרִכוּן יָמֶיךָ עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר־יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ׃

Proverbes 7.23

עַד־יְפַלַּח חֵץ כְּבֵדוֹ כְּמַהֵר צִיפּוֹר אֶל־פָּח וְלֹא־יָדַע כִּי־בְנַפְשׁוֹ הוּא׃

Sonia et Georges (Jimmy) Meyer
Etudes

Hommage à Sonia Meyer

Hommage à Sonia Meyer Bien-aimés frères et sœurs en Christ,Je me permets de résumer en quelques mots le témoignage de Sonia et ces quelques expériences

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