Achiam (pseudonyme) a 21 ans. Elle est née aveugle. En 2005, Achiam a été admise dans une école spécialisée loin de sa famille musulmane. C’est là qu’elle a entendu l’Évangile. Pendant ses années d’enfance, elle a simplement suivi ses camarades de classe jusqu’à l’église. Elle a accepté Jésus dans son cœur six ans plus tard, à 12 ans.

Rien n’a plus été pareil

La première fois qu’Achiam est rentrée chez elle pour des vacances scolaires après cette décision, elle n’a rien dit de son changement de foi, mais les gens de son entourage ont tout de même remarqué une différence. «En quelques jours, ils ont remarqué que je ne priais plus comme eux. Mon père m’a demandé quel était le problème. J’ai avoué que j’étais devenue chrétienne, et que je ne suivais plus l’islam», se souvient-elle.

Le père d’Achiam a essayé de comprendre ce qui avait provoqué ce changement, mais elle lui a simplement et courageusement dit qu’elle avait décidé de suivre Jésus. «À partir de ce jour, rien n’a plus été pareil. J’étais considérée comme la pire chose qui soit arrivée à la famille. Tout le monde dans la communauté avait quelque chose à dire sur mon cas. Parce que je suis aveugle, je suis la seule fille de la famille qui a eu la possibilité d’aller à l’école, et les gens du village ont dit à mon père que cela s’était produit parce qu’il m’avait scolarisée. Mon père m’a accusée de m’être laissée influencer par les enseignants chrétiens. Ils ont tout essayé pour me convaincre de retourner à l’islam», dit-elle.

Le ramadan, période de tous les dangers

Depuis, chaque période de vacances qu’Achiam passe dans sa famille est un défi. Et lorsque ce temps coïncide avec celui du ramadan, les difficultés se multiplient. «Personne ne fait la cuisine pendant la journée car tout le monde jeûne, sauf les enfants qui se contentent des restes de la veille. Je demande aux enfants de me trouver quelque chose que je puisse manger moi-même à l’écart. Un jour, un voisin a demandé à mon frère pourquoi je ne jeûnais pas avec ma famille. Une question gênante. Mon frère m’a frappée avec ma canne. Il y a deux ans, quand je suis revenue pour les vacances, le toit de chaume de ma hutte avait été enlevé. Personne n’a accepté de le reconstruire. C’est seulement cette année que mon père a décidé de le faire.» Elle ajoute:

«Si je veux prier, j’attends jusque tard dans la nuit, quand tous les autres dorment. Alors, je sais que je peux prier sans que personne ne m’en empêche.»

«Je sais que Dieu me soutiendra»

Malgré sa solitude et sa vulnérabilité, Achiam refuse d’abandonner sa foi chrétienne. «J’ai été très claire avec ma famille. Je leur ai dit que je veux suivre Christ et que rien au monde ne me ferait changer d’avis. Dieu me soutient depuis ce jour, alors je ne crains rien», affirme la jeune femme. 

Il y a quelque temps, Achiam a été présentée à Azarak (pseudonyme), un jeune chrétien lui aussi aveugle. Ils étaient fiancés, mais Azarak est mort avant qu’ils n’aient pu fonder un foyer. Par la suite, le père d’Achiam s’est arrangé pour qu’elle se marie avec un musulman âgé, mais elle a refusé. Son père furieux lui a ordonné de quitter la maison. Elle a été recueillie par la famille d’un pasteur. Elle est déterminée à passer l’examen final et à terminer ses études cette année. Achiam continue à prier pour que Dieu change le cœur de ses parents. Pour sa part, elle demande: «S’il vous plaît, priez pour que je sois acceptée telle que je suis.»