Notre Histoire du Jour : Marie Madeleine

Dans le récit de Marc, chapitre 16, nous sommes témoins d’un événement poignant : la rencontre de Marie-Madeleine avec Jésus ressuscité. Imaginez-vous, si vous le voulez bien, plongés dans l’atmosphère de cette aube radieuse où les ténèbres du tombeau s’étaient dissipées, laissant place à la lumière éblouissante de la résurrection.

Il y a un passage dans ce récit qui attire particulièrement mon attention ce matin, c’est le verset 9 :

“Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons.”

Si l’on vous avait demandé de deviner le premier disciple à qui Jésus ressuscité se révélerait, qui auriez-vous imaginé ? Peut-être Marie, la mère tendre dont l’âme avait été transpercée par une épée, ou peut-être un autre disciple fidèle. Mais avouez-le, la dernière personne à laquelle vous auriez pensé, c’est une pauvre femme qui avait été tourmentée par sept démons.

Et pourtant, c’est précisément cette femme, Marie de Magdala, qui a été choisie.

Si Marie-Madeleine a été élevée si haut, c’est parce qu’elle avait été retirée de si bas.

Voyons maintenant comment et pourquoi Marie-Madeleine a eu l’honneur de rencontrer en premier Jésus ressuscité.

Nous aspirons, à ce que Jésus se révèle à nous dans la sainte gloire de Sa résurrection. Le parcours progressif qui a conduit Marie-Madeleine à chercher avec tant d’ardeur son Sauveur ressuscité, jusqu’à ce qu’elle le trouve la première, nous enseignera comment nous pouvons nous aussi célébrer la Pâque avec un amour et une joie renouvelés, la célébrer comme le ferait Marie-Madeleine si elle était parmi nous aujourd’hui.

La seule chose que nous sachions de la conversion de Marie-Madeleine, c’est que Jésus avait chassé d’elle sept démons. C’est là le fait saillant qui a frappé les évangélistes Luc et Marc.

Ne cherchons pas à embellir le récit en imaginant des péchés supplémentaires commis par Marie-Madeleine. Soyons fidèles à l’Écriture, soyons authentiques.

Sept démons ! Nous pouvons imaginer dans quel abîme Marie-Madeleine était plongée, similaire à cet autre possédé auquel l’esprit impur, interrogé par le Seigneur, répond : “Je m’appelle Légion, car nous sommes nombreux.”

L’évangile de Marc nous la décrit, brisant ses chaînes, errant de jour comme de nuit dans les tombeaux, se meurtrissant avec des pierres et poussant des cris de désespoir.

C’est ainsi que devait être la condition de Marie-Madeleine jusqu’au jour béni où elle rencontra Jésus.

Jésus parle, et l’esprit impur quitte aussitôt Marie-Madeleine. Elle est libérée, non seulement pour retourner à la société et à sa famille, mais surtout pour revenir à elle-même et à Dieu.

Imaginez la confiance et la gratitude qui l’attachent désormais à Celui qui l’a délivrée de “la puissance de Satan pour Dieu, afin qu’elle reçoive le pardon des péchés et qu’elle ait part à l’héritage des sanctifiés par la foi en moi” (Actes 26:18).

La profondeur de l’abîme d’où elle a été sauvée est le principe et la mesure de l’amour qu’elle porte désormais à Jésus. Cet amour est la clef de tout ce qu’elle fait pour Jésus vivant, mourant et ressuscité.

Elle Le suit vivant, car elle L’aime. Elle Le pleure mourant, car elle L’aime. Elle Le cherche ressuscité, car elle L’aime.

Et elle L’aime parce qu’elle n’a qu’à regarder vers Lui pour se rappeler de quoi Il l’a délivrée : cette femme indigne et misérable, autrefois possédée de sept démons.

Le premier fruit de l’amour de Marie-Madeleine pour Celui qui l’a libérée est son désir ardent de Le suivre dans le chemin de Sa vie sainte et bienfaisante.

Elle désire être avec le Seigneur, et Il ne lui refuse pas cette faveur. Ainsi, elle Le suit pas à pas, comme Ses apôtres, jusqu’à participer aux fêtes solennelles où la loi exigeait la présence des hommes.

Marie-Madeleine est à la tête d’un cortège de femmes pieuses qui accompagnent le Seigneur de lieu en lieu, veillant également à Ses besoins.

Ce qui me touche le plus, c’est son empressement à demeurer constamment auprès de Jésus, pour ne rien manquer de Ses paroles, de Ses miracles, de Ses guérisons, surtout de celles qui rappellent son propre récit.

Tout cela peut sembler naturel à certains, mais avons-nous vraiment médité sur la profondeur de cet amour ? Suivre Jésus comme Marie-Madeleine l’a fait, jour après jour, dans toutes les situations de Sa vie sur terre, était-ce aussi facile et évident qu’on pourrait le penser ?

Oh, que nous nous méconnaissons, ou que nous méconnaissons le Fils de l’homme ! Combien peu nous réalisons notre servitude à nos habitudes, à notre confort, à notre bien-être, tandis que la vie de Jésus et de ceux qui L’entouraient était remplie de privations et de périls !

Suivre Jésus dans ces conditions, c’est là une preuve d’amour et d’engagement dont nous avons bien souvent du mal à saisir toute la portée.

Alors, que faisait de Marie-Madeleine une servante capable de suivre Jésus avec un tel dévouement, une telle passion ? C’est qu’elle n’avait jamais oublié d’où Jésus l’avait tirée. Elle portait en elle le souvenir constant de sa délivrance.

De même, l’apôtre Paul, dans sa lettre à Timothée, se désigne comme “le premier des pécheurs” (1 Timothée 1:15). Il se souvenait d’où Jésus l’avait arraché. Il en allait de même pour Marie-Madeleine.

En échange d’une telle délivrance, abandonner sa fortune, son repos, sa volonté, sa vie même, si cela lui était demandé, lui paraissait être un faible tribut à offrir en retour.

Il est vrai que pour aimer Jésus comme Marie-Madeleine l’aimait, pour s’associer à Sa vie avec un tel abandon, il faut avoir conscience de la profondeur de sa propre détresse, de sa propre misère, et reconnaître pleinement ce que Jésus a fait pour nous.

Marie-Madeleine, dans un élan d’amour et de gratitude, cherchait maintenant son Sauveur ressuscité avec ferveur.

C’est ainsi que nous la voyons, seule, à l’aube, près du tombeau vide, déterminée à trouver Jésus, peu importe ce que cela pourrait signifier. Elle pressentait confusément la résurrection de son Maître, tout comme Marthe avait pressenti la résurrection de son frère Lazare.

Je l’imagine, courant vers le tombeau de Jésus, le trouvant vide, mais ne désespérant pas, car elle savait au fond d’elle-même que Son Maître était vivant.

Et voilà que Jésus, dans Sa tendre miséricorde, apparaît à Marie-Madeleine, la première à contempler Sa gloire nouvelle, la première à être choisie pour proclamer Sa résurrection au monde.

Marie-Madeleine, cette femme au passé obscur, devient ainsi un témoin privilégié de la résurrection, un témoin choisi par le Christ lui-même pour annoncer Sa victoire sur la mort.

Mais qui était réellement Marie-Madeleine ? D’où venait-elle ?

Elle n’était pas une sainte parfaite, mais une pécheresse repentante ; pas une personne honorable, mais une femme méprisée ; une femme dont on aurait rougi de s’associer avec elle.

Et pourtant, voilà le mystère de Marie-Madeleine : son amour et son humilité.

Elle aimait le Seigneur par-dessus tout, malgré son passé sombre et ses imperfections. Son amour pour Jésus la poussait à Le servir avec un dévouement sans bornes, à L’accompagner dans Sa passion et à Le chercher sans relâche.

Si seulement nous pouvions aimer Jésus avec la même passion et la même humilité que Marie-Madeleine !

Cet amour, cette passion, cette dévotion, ne sont pas réservés à quelques-uns, mais sont accessibles à tous ceux qui se tournent vers Jésus avec un cœur sincère.

Nous pouvons, nous aussi, aimer le Seigneur avec cette même passion, cette même humilité, cette même ferveur.

Que notre amour pour Jésus soit tel que Marie-Madeleine, que notre désir de Le suivre soit aussi ardent, que notre engagement à Le servir soit aussi inébranlable.

Amen. Pasteur Eric.

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