LA TRAVERSÉE DU DÉSERT
« Qui est celle qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ? » – Cantique des cantiques 8.5
Méditation sur la bien-aimée qui remonte du désert, la dépendance de Jésus, les exercices du désert et la marche fidèle de l’Église à travers ce monde.
1. La scène : la bien-aimée qui revient
Ici commence l’acte final du Cantique : le moment du dénouement, le triomphe après la victoire.
Salomon a renoncé à conquérir Sulamith, devant sa résistance ferme et fidèle, et il l’a renvoyée dans sa maison.
Regarde maintenant la scène : au loin, deux personnages avancent. Un jeune homme et une jeune fille cheminent ensemble.
Elle marche en s’appuyant sur lui, avec confiance et tendresse. La bien-aimée apparaît enfin, unie à son Bien-aimé.
Plus loin dans le texte, elle expliquera comment elle l’a retrouvé. La question retentit : « Qui est celle qui monte du désert… ? »
Cette question avait déjà été posée lorsque Sulamith arrivait au palais, portée dans le palanquin de Salomon, entourée de gardes (Cantique 3.6).
Que faisait-elle là ? Comment avait-elle pu se laisser attirer dans cette situation trompeuse ?
Elle montait alors du désert vers une prison dorée : belle en apparence, mais prison quand même, où elle a perdu de vraies et précieuses richesses.
À présent, nous la voyons sous un jour complètement nouveau. Elle est restaurée, épanouie, transformée.
Elle a compris qu’elle ne peut plus marcher sans son Bien-aimé.
2. Le besoin de s’appuyer sur Jésus
Pour connaître le secret de la liberté et de la puissance, nous avons besoin de Jésus.
Lui seul peut nous secourir, nous soutenir, et son amour nous donne le désir de nous appuyer sur lui.
Le désert représente le lieu où Dieu nous éprouve et nous forme.
C’est là que nous découvrons notre faiblesse. C’est là aussi que nous apprenons combien la chair est rebelle et perverse.
Mais dans ce même désert, nous apprenons la dépendance.
Nous y faisons connaissance avec la grâce de la sacrificature de Christ, son ministère de Prêtre pour nous.
C’est pour cela que nous pouvons « monter du désert », en nous appuyant sur le Bien-aimé.
Notre faiblesse est si grande que nous ne pouvons faire un seul pas sans être soutenus par lui.
Ainsi, sa grâce et sa puissance deviennent visibles.
Le soutien sacerdotal de Christ et sa puissance vont ensemble.
Appuyés sur le Bien-aimé, nous marchons par l’Esprit, et nous ne laissons pas de place à la chair.
Mais garder cette attitude intérieure, marcher pas à pas par l’Esprit, demande un exercice constant.
Le Seigneur veut nous y encourager. Son désir n’est pas seulement de nous délivrer des œuvres de la chair, mais aussi de nous faire monter du désert vers les régions de son plaisir.
Nous devons nous appuyer constamment sur le Seigneur. Notre faiblesse est totale, et notre dépendance de Dieu l’est tout autant.
3. Le désert et la solitude avec Dieu
Nous devons apprendre à protéger nos moments de recueillement devant Dieu.
Rien ne doit les écraser ou les remplacer, même pas les besoins des autres, qu’ils soient réels ou imaginaires.
Dans le service actif, les heures de solitude avec Dieu sont plus nécessaires que jamais.
Jésus lui-même, pendant sa vie sur la terre, en avait besoin.
Il est écrit que de grandes foules venaient l’entendre et être guéries,
« mais lui, se retirait dans les déserts pour prier » (Luc 5.15-16).
Face aux besoins immenses de ces foules, il se retirait quand même pour prier.
Ce n’était pas du temps perdu, mais du temps gagné.
Tout service devient stérile sans la puissance de la vie abondante qui se renouvelle aux pieds du Seigneur, jour après jour.
Dès que nous nous sentons sous pression, notre âme a besoin de se retirer en Dieu.
Cela peut paraître impossible, tant l’œuvre est prenante. Mais Dieu le rend possible dès que nous reconnaissons ce besoin,
et si nous acceptons de quitter la vigne lorsqu’il nous appelle, en laissant tout entre ses mains.
Lui seul est responsable du travail. Lui seul le dirige.
4. Pourquoi le Bien-aimé nous attire au désert
Le Bien-aimé a vu que Sulamith ne discernait pas ce besoin de solitude et de recueillement.
Alors, il l’a attirée au désert. Il a détourné son regard de la vigne et des « fruits précieux » pour qu’elle puisse écouter sa voix.
Le but du Seigneur est clair :
- amener notre âme à se reposer uniquement sur lui,
- et à dépendre uniquement de lui.
Un peu plus loin (verset 13), le Bien-aimé appelle sa fiancée « celle qui habite les jardins ».
Dans le désert, nous sommes à l’école de Dieu : il nous éduque, il nous discipline.
Dans les jardins, nous entrons dans la sphère de son plaisir, le lieu où son cœur trouve sa joie.
Avec l’aide de Christ, nous pouvons passer des exercices du désert à la place que l’appel de Dieu nous donne,
selon le dessein de son amour infini, qui nous a choisis en Christ avant la fondation du monde.
5. Les exercices du désert : un gain éternel
Les exercices du désert sont pour notre bien.
Qu’ils viennent de circonstances difficiles, de maladies, de deuils ou d’épreuves parmi les frères, ils font tous partie des voies de Dieu envers nous.
Ils contiennent des leçons, des instructions, une formation spirituelle.
Traverser ces choses avec Dieu nous donne ce qui soutiendra et réjouira nos âmes pour l’éternité.
Ainsi, lorsque nous montons du désert, ce n’est pas seulement pour être débarrassés de ses épreuves.
Nous en sortons avec un véritable gain, acquis pour la gloire de Dieu.
Quand un croyant quitte ce monde pour être avec Christ, il laisse pour toujours le désert derrière lui,
mais il emporte avec lui tout ce qu’il y a gagné spirituellement.
Même avant de quitter la terre, il est possible, en esprit, de monter du désert, appuyé sur notre Bien-aimé.
La présence du Seigneur au milieu de l’assemblée est quelque chose qui dépasse les exercices du désert.
S’il nous introduit comme ses associés, ses frères, devant son Dieu et Père, que nous connaissons comme notre Dieu et notre Père,
alors, dans ces moments-là, nous sommes en dehors du désert.
Avec l’aide de notre Bien-aimé, nous pouvons monter avec lui dans une région qui lui appartient en propre,
mais qui, par grâce, devient aussi la nôtre.
Et lorsque nous y venons, nous apportons tout ce que nous avons acquis dans les exercices du désert.
Dans le désert, nous prenons la cène du Seigneur.
Mais c’est pour qu’il vienne à nous et nous conduise avec lui jusqu’à Dieu, le Père.
Même ici-bas, il veut que nous jouissions de notre place d’association avec lui, en dehors de tout ce qui appartient au désert.
Mais nous n’y parvenons que grâce à son aide sacerdotale.
6. Résister à l’ennemi, comme la bien-aimée
Au-delà de ce texte, il y a une grande leçon.
Soyons fermes devant l’ennemi de nos âmes. Résistons à ses multiples sollicitations, grossières ou subtiles.
La Bible dit :
« Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jacques 4.7).
Soyons imitateurs de notre Maître qui, au désert, et tout au long de son ministère terrestre, a dressé sa face contre Satan.
L’apôtre Pierre nous encourage à résister au diable avec une foi ferme (1 Pierre 5.9).
Avec le bouclier de la foi dans une main, et l’épée de l’Esprit, la Parole de Dieu, dans l’autre,
nous serons des combattants victorieux.
7. La vraie Église : qui est-elle ?
La véritable Église est observée de tous côtés.
On s’interroge sur son identité : « Qui est donc celle qui monte du désert ? »
La bien-aimée, c’est l’Église fidèle. Elle suscitera toujours des questions brûlantes.
Ne disait-on pas de Jésus : « Qui est celui-ci ? » (Luc 5.21)
De l’Évangile : « Qu’est-ce que cela ? » (Marc 1.27)
Et des premiers chrétiens, remplis du Saint-Esprit : « Que veut dire ceci ? » (Actes 2.12)
Montrons sans crainte notre identité spirituelle.
Acceptons d’être reconnus comme ceux qui sont avec Jésus.
8. La marche de l’Église à travers le désert
Permets une autre pensée.
En attendant la gloire céleste, la bien-aimée n’a pas d’autre chemin que la traversée du désert.
Tous les chrétiens connaissent ce parcours douloureux : la marche est parfois solitaire, souvent difficile, presque toujours marquée par les épreuves et les persécutions.
Mais malgré tout, la bien-aimée monte. Rien ne l’arrête.
La douce voix de l’Époux lui donne énergie et consolation.
Jésus bâtit son Église,
« et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (Matthieu 16.18).
Alors qu’elle traverse ce monde, l’Église se souvient qu’elle n’est pas du monde.
La colonne des rachetés est composée d’étrangers et de voyageurs sur la terre.
Elle monte du désert. Elle progresse de pas en pas.
Chaque pas la rapproche de la maison de l’Époux.
Ce n’est pas encore l’heure de se reposer.
Bientôt, au-delà du travail et des souffrances, un pays de délices s’ouvrira pour elle.
9. Appuyés sur le Bien-aimé : notre vie simple et bénie
En attendant, son privilège, sa joie et sa force, c’est de continuer le chemin, appuyée sur le Bien-aimé.
Comme David, qui, dans une grande détresse, « reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel » (1 Samuel 30.6).
Comme David encore, dans le désert de Juda, disant à Dieu :
« Tu es mon secours, et je suis dans l’allégresse à l’ombre de tes ailes. Mon âme est attachée à toi, ta droite me soutient » (Psaume 63.8-9).
Comme Paul et Barnabas, à Icone, qui parlaient avec assurance « appuyés sur le Seigneur » (Actes 14.3).
L’éternité révélera les richesses spirituelles reçues par les chrétiens qui auront traversé le désert,
sans faux pas, sans égarements, parce qu’ils se seront appuyés sur le Seigneur.
C’est dès maintenant leur précieux héritage.
Vie simple, vie bénie : marcher appuyés sur le Bien-aimé.
Liens internes et externes à ajouter
liens externes :
- Cantique des cantiques 8.5 – texte biblique (LSG)
- Luc 5.15-16 – Jésus se retire dans les déserts pour prier
liens internes :
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