Juges

Traduire

Le livre des Juges

Juges

Introduction :

Le livre des Juges est le livre de l’héritage « méprisé ».

Il est la suite normale du livre de Josué auquel il se trouve étroitement lié par ces mots : « Après la mort de Josué ». Le titre du livre « shophetim » est dû aux 12 hommes qui se levèrent à l’appel de Dieu, à une exception près, pour délivrer Israël dans la période de violence, de désunion et de décadence qui suivit la mort de Josué.

Le livre tire son nom « Shophetim » du verbe « shaphat » « juger » au sens de « prendre une décision » (3/10; 4/4; 10/2-3; 12/7-9; 12/11-12; 12/13-14; 15/20; 16/31).

D’autres passages ont la forme d’un titre « shophet »,« juge » (2/16-17-19 jamais ailleurs) qui désigne moins un homme apte à rendre la justice qu’un chef habilité à « décider », à conduire les destinées d’un clan, d’une tribu voire d’un ensemble tribal. L’origine du terme est probablement cananéenne, et on le retrouve aussi en Moab (Amos 2/3). Le livre présente une succession de douze juges, que l’on répartit traditionnellement en deux groupes : Six d’entre eux (Shamgar, Tola, Yaïr, Ibçan, Élôn et Abdôn) n’ont droit qu’à un court passage, centrée sur une fonction de gouvernement.

C’est surtout leur appartenance tribale qui est indiquée (sauf pour Shamgar). On les appelle parfois « petits Juges ». Six autres (Otniel, Éhoud, Baraq, Gédéon, Jephté et Samson) font l’objet d’un récit plus développé qui met en scène leurs exploits guerriers, et les circonstances dans lesquelles ils ont sauvé Israël; on les appelle parfois « grands Juges ».

Pour autant, cette distinction habituelle entre « grands » et « petits » juges n’est guère pertinente, puisque Jephté appartient à l’une et l’autre catégories et que, dans la seconde, les récits proviennent de traditions fort diverses. On peut même se demander si Samson est bien un juge, alors qu’il apparaît plus comme héros isolé que comme chef d’un peuple (si ce n’est dans la rédaction finale).

 A côté du verbe shaphat, il faut aussi tenir compte d’un autre verbe tout aussi essentiel: « yasha »

« sauver » (3/31 Shamgar; 6/15 Gédéon; 10/1 Tola), et de son participe « moshia», « sauveur » (3/9 Otniel; 3/15 Éhoud). Ce double vocabulaire permet de distinguer « juges » et « sauveurs »; distinction d’autant plus importante que le verbe shaphat est absent de toute l’histoire de Gédéon!         

Ce livre n’est pas destiné à flatter l’orgueil israélite ; mais à montrer les interventions de Dieu en faveur de son peuple. Le véritable héros du livre, est Dieu ! Dans sa miséricorde, Dieu l’a toujours retiré son peuple de l’état misérable où le plongeaient ses péchés jusqu’au moment où Israël rebelle a réclamé un roi « comme il y en a chez toutes les nations ».

Cette royauté n’était pourtant pas une nécessité absolue, il y avait dans le principe théocratique et dans l’organisation de la vie sociale et religieuse que Moïse lui avait laissés une force capable de le soutenir même sans chef civil commun, mais les tribus devaient user saintement de ce privilège et de cette liberté. C’était pour elles une épreuve de force et les Israélites ne l’ont pas subie victorieusement. Douze fois, le livre des Juges nous montre le bras miséricordieux de l’Eternel, créant dans la conscience du peuple, par cette vivante expérience le sens du salut divin. Il est donc question de douze Juges. Ces juges, en hébreu « sophètes » jouaient le rôle de généraux libérateurs pour affranchir du joug de l’oppresseur puis rétablissaient la justice, l’ordre moral et religieux.

1° Clef du livre : 

Echec, décadence, anarchie, « Bokim » « vallée des pleurs ou repentance superficielle ».

2° Verset central :

« Juges 21/25 : « En ce temps là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon ».  Quatre fois « Chacun faisait ce qui lui semblait bon » (17/6 ; 18/1 ; 19/1 ; 21/25).

3° Chapitre central :

Le chapitre 21 : LA CONFESSION.

4° Auteur : 

On ne peut rien affirmer de précis quant à l’auteur, il est fort probable que la plus grande partie du livre a été composée par Samuel au moment où les souvenirs du peuple étaient encore vivaces. Les textes de 17/6 et 18/1 laissent supposer que l’établissement de la royauté était tout récent. Probablement à la lumière de Juges 1/21 : « au début du règne de David ».

5° Destinataire :

Les Hébreux.

6° Date de la rédaction du livre :

environ 1 100 ans avant Jésus-Christ.

7° Portée du livre :

De la mort de Josué au prophète Samuel, soit environ 350 ans.

8° Plan du livre : 

Juges 1/1         Juges 16/31 : 7 oppressions et 7 délivrances.                   

Juges 17/1       Juges 21/25 : apostasie religieuse et civile.

9° Résumé du livre : 

Ce livre s’ouvre par plusieurs victoires remportées par Israël après la mort de Josué. 

Graduellement la vie religieuse et politique d’Israël diminua jusqu’au moment où Dieu permit que la nation fut vaincue et assujettie par les peuples païens. Alors les Hébreux implorèrent le Seigneur qui leur suscita des libérateurs tels que Gédéon ou Jephté. Sept fois, ils furent vaincus mais aussi sept fois ils furent délivrés. Malheureusement Israël se conforma progressivement aux coutumes des nations environnantes jusqu’à la ruine dans leur idolâtrie.  

Ce livre contient la plus curieuse parabole comme l’un des plus merveilleux chants de guerre et nous donne le récit de l’action de la première femme qui ait occupé une place dans la direction de l’état (Déborah).

Il ya 50 paraboles dans la bible : 40 dans le Nouveau Testament plus 1 métaphore et 9 dans l’Ancien Testament.  

10° Enseignement pratique : 

Ce livre nous permet de constater ce qui arrive lorsque nous restons stationnaire au lieu de poursuivre le combat. Les Israélites tombèrent dans les mêmes péchés que les nations environnantes.  

Ils cessèrent d’être un peuple séparé, en raison de leur désobéissance le jugement fut inévitable. Combien cela est vrai pour les enfants de Dieu de nos jours, lorsque nous cessons de croître dans la grâce nous commençons à rétrograder.

11° Comment Jésus y est vu : 

Nous voyons le Seigneur Jésus dans le livre des Juges comme celui qui châtie son peuple. Sa miséricorde est grande. Il entend les cris de ses enfants désobéissants et les délivres des oppresseurs. Ce livre nous montre le même Christ que nous rencontrons dans Hébreux 12/3-16 : «  Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que nous ne vous lassiez point, l’âme découragée. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché.    

Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend, car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Supportez le châtiment ; c’est comme des fils que Dieu vous traite ; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes des enfants légitimes et non des fils… »

Il y a 7 apostasies, 7 servitudes,7 supplications, 7 délivrances. L’Ange de l’Éternel y est mentionné 16 fois.

12° Application dispensationnelle : 

Le livre des Juges nous fait part du recul des Israélites (7 fois répétées) le Seigneur permit de les punir par l’oppression de leurs ennemis jusqu’à ce qu’ils crient à Lui pour en être délivré. 

Dieu bénit toujours son peuple directement mais il le punit indirectement au moyen des nations païennes pendant cette dispensation. Israël est oppressé par les nations mais Dieu le délivrera lorsqu’il implorera son secours. Les angoisses de la grande tribulation feront naître ces cris et alors la délivrance viendra.

L’historicité du livre. 

Elle est confirmée par les citations et les allusions des livres de Samuel et des Psaumes (1 Samuel 12/9;  2 Samuel 11/21; Psaumes 83/11, 12, 69) du livre d’Esaïe (Esaïe 9/4; 10/26) des Actes, de l’Epître aux Hébreux, puis par toute l’histoire Israélite et de plus en plus par l’archéologie. 

Ce qu’il faut bien souligner aussi, c’est que l’époque des Juges est une vraie chute au-dessous du niveau spirituel atteint par le peuple dans les générations précédentes où l’unité religieuse et nationale avait été forte au temps de Moïse et de Josué.

Livre parallèle dans le Nouveau-Testament. 

Galates. Comparez la rechute d’Israël dans l’idolâtrie avec l’attitude rétrograde de l’église des Galates, retombée dans le cérémonialisme et le légalisme.

Particularités. 

Ce livre nous rapporte donc 7 apostasies, 7 servitudes, 7 nations païennes, 7 délivrances. Le parallèle spirituel se trouve dans l’histoire de l’Église depuis les Apôtres, l’apparition des sectes et la perte de l’unité en un seul corps 1 Corinthiens 12/12-13. C’est un livre de leçons de choses.

Il y a aussi 4 expériences qui se renouvellent constamment dans cette histoire :

1) Désobéissance (péché). « Les enfants d’Israëls firent ce qui déplait à l’Eternel ».

2) Servitude (châtiment) « L’Eternel les livra entre les mains de… ».

3) Supplication (demi-repentance) « Les enfants d’Israël crièrent à l’Eternel ».

4) Délivrance (salut) « L’Eternel leur suscita un libérateur ».

Les contrastes sont aussi frappants : l’anarchie et la corruption la plus noire, les révélations et les victoires les plus éclatantes d’autre part.

Les messages spirituels : l’inévitable faillite de l’homme, la puissance de la prière, l’inépuisable miséricorde divine.

Caractères intéressants

a) Débora la femme d’initiative.

b) Gédéon, l’homme au vœu inconsidéré.                    

c) Samson, le mystique sensuel.

Le symbolisme. 

Ce livre est une image d’une vie chrétienne partagée entre le monde et le Christ, entre la désobéissance et l’obéissance, la défaite et la victoire. Les Juges sont, quoique imparfaitement, des « christs » libérateurs. L’Arche de l’alliance (voir l’article ici …), apparaît 3 fois dans cette période: Guilgal à Boquim, avec Gédéon, 150 ans plus tard, et Manoach.

Les juges provenaient de différentes couches de la société, et il y a même eu une femme parmi eux. Cependant, il y avait deux traits communs à tous : Dieu les a choisis pour libérer Son peuple et l’Esprit les a investis pour accomplir leur mission. En règle générale, ils n’ont , pas dû s’imposer par des mirades : ils se sont bornés à obtenir des victoires. Ils avaient beaucoup de défauts moraux, mais ils avaient aussi beaucoup de courage ; certains, comme Jephthé et Samson, figurent parmi les héros de la foi en  Hébreux 11. Leur œuvre était brutale, et sans merci, mais c’était une lutte pour la vie et ils défendaient l’existence même de leur peuple.   

On ne doit pas les juger d’après la lumière de la révélation plus avancée du Nouveau-Testament. Ils ont vécu à une époque obscure, confuse et violente.

Six de ces juges sont considérés comme plus importants, car ils sont traités en détail : Othniel, Ehud, Barak, Gédéon, Jephthé et Samson.

Les six autres juges, dont les activités sont décrites en vitesse, sont appelés «juges mineurs ». Il y a eu deux autres juges dont les activités sont rapportées en 1 Samuel : Eli et Samuel ; il semblerait qu’ils aient gouverné toute la nation des Hébreux pendant la période immédiatement antérieure à la monarchie. 

La période des juges

Josué est un livre de victoire, tandis que Juges est un livre de défaite.         

Tandis que le livre de Josué parle de la conquête de sept nations en sept ans, Juges décrit sept apostasies, sept oppressions et sept libérations. 

 

Histoire des oppressions et des libérateurs Juges 3/7-16/31)

a) Mésopotamie : Othniel (Juges 3/7-11)

La première oppression punitive procédait du nord lointain, de la Mésopotamie.  

L’archéologue Garstang estime que Cuschan-Rischeathaïm était un roi héthien qui s’était installé au nord de la Mésopotamie. Si tel est le cas, il est possible qu’il ait pris la partie sud de Canaan dans le but de provoquer le souverain égyptien. D’autres spécialistes pensent qu’il s’agissait simplement d’un roi araméen.

Cependant, il est probable qu’il s’agisse d’un être cruel, car le mot rischeathaïm signifie « doublement méchant ».

Dieu a suscité Othniel (« lion de Dieu ») comme libérateur. Il était originaire de la tribu de Juda, beau-fils de Caleb. Il s’était déjà distingué comme conquérant de Debir. Il est probable que, en raison de ses vaillantes prouesses, connues des Hébreux, il ait pu gagner la confiance de ses concitoyens dans sa capacité de chef militaire. On peut souligner que le secret de sa victoire a été que « L’Esprit de l’Eternel fut sur lui » (3/10).

L’Esprit de Dieu s’emparait de certains hommes pour leur donner du courage et des forces supérieures à ceux d’une personne normale ; l’expression varie parfois et signifie que « l’Esprit de Yahvé s’est revêtu » de la personne (6/34, traduction littérale de l’hébreu).

b) Moab : Ehud (Juges 3/12-30) « dont la louange est le père ».

Après la mort d’othniel, Israël est retombé dans l’idolâtrie.

L’Eternel s’est servi des Moabites, des Ammonites et des Amalécites, ennemis traditionnels d’Israël, pour châtier Son peuple. Ils ont pris la route de l’invasion de Josué, et traversé le Jourdain prés de Jéricho.

Les Moabites ont occupé pendant 18 ans des territoires de Benjamin et d’Ephraïm.

Ehud était gaucher, ce qui lui permettait de porter son poignard du côté droit, où il était moins visible. Il n’a pas hésité à tromper Eglon et à l’assassiner. Le texte biblique n’affirme pas que l’Esprit soit venu sur lui. Le livre des Juges décrit certains détails répugnants avec un grand réalisme, même si l’auteur ne les approuve pas. Il se limite à les raconter. Certains commentateurs disent:« Toutes les circonstances de cette prouesse hardie, la mort d’Eglon sans un cri et sans bruit, la porte fermée et verrouillée, la clé emportée, l’allure calme et pas pressée d’Ehud ont montré combien était forte sa conviction de rendre service à Dieu ».

c) Philistie : Schamgar (Juges 3/31)

Le livre des Juges mentionne pour la première fois l’oppression des ennemis les plus impitoyables des Israélites : les Philistins. Toutefois, rien n’est dit sur l’oppression, et le texte ne donne aucun détail sur l’origine de Schamgar, ni son passé. Il a probablement été un paysan qui a obtenu une victoire sur les oppresseurs, et qui a pu gouverner en paix.   

d) Canaan (Hatsor) : Débora et Barak (Juges 4/1-5/31)

L’histoire de Débora et de Barak est très intéressante. La libération d’Israël a été inspirée par une femme de grande foi. Débora (« abeille ») remplissait le rôle de juge et de prophétesse (porte-parole de Dieu). Les personnes qui avaient des problèmes venaient la consulter lorsqu’elle était assise sous un palmier dans la région montagneuse située entre Rama et Béthel. En vertu de sa vie spirituelle, Débora a occupé une place unique parmi les juges.

Dieu a suscité d’autres juges pour libérer le peuple et par la suite, ils ont jugé les Hébreux, mais Débora a été la seule à exercer le rôle de juge et d’arbitre avant de libérer le peuple. Elle avait également le don de composer des poèmes : son cantique guerrier est un chef d’oeuvre de la littérature hébraïque ancienne (chapitre 5).

L’exemple de Débora nous montre que toutes les femmes en Israël ne se sont pas limitées à jouer le rôle d’épouses et de mères.

Israël était de nouveau tombé dans l’apostasie et le pays était passé sous le joug de Jabin, roi de Canan.  Apparemment, les Cananéens avaient de nouveau occupé la colline de Hatsor, ville détruite par Josué, et en avaient fait le centre de leur puissance. Les tribus d’Issacar, de Zabulon et de Nephthali ont été isolées de leurs frères du sud par les puissantes garnisons ennemies dirigées par Sisera.

Le passage qui se trouve en 5/6-11, nous fournit un tableau des conditions qui ont finalement poussé les Israélites à crier vers Dieu.

Les Cananéens désolaient tellement le pays que les Israélites n’osaient plus voyager sur les voies principales et prenaient en cachette les sentiers de montagne ou des voies secondaires à travers les champs. Les vainqueurs sont même arrivés à désarmer les Israélites et à placer des archers prés des puits, afin de blesser et de tuer ceux qui vien&aient puiser de l’eau. Israël a crié vers les nouveaux dieux qu’il venait d’adopter, mais sans résultat. Finalement, il est revenu à l’Eternel.

Par une exhortation prophétique, Débora a essayé d’encourager Barak (« éclair ») à livrer une guerre sainte contre Sisera, général des forces cananéennes. Etant donné que Sisera avait l’avantage de neuf cents chars renforcés de fer, Barak a eu peur d’envoyer ses 10 000 fantassins contre les Cananéens, à moins que la prophétesse ne l’accompagne. Elle est restée à ses côtés jusqu’à Kédesch. Comme Barak a placé sa sécurité en une femme au lieu de Dieu, la gloire du triomphe reviendrait à une femme.

Sisera, avec ses véhicules armés « invincibles », a été attiré vers le torrent Kison, où ses chars pouvaient manoeuvrer dans des conditions normales. Mais Dieu a envoyé une pluie torrentielle qui a fait déborder le Kison, et les chars se sont enlisés. « Des cieux on combattit, de leurs sentiers les étoiles combattirent contre Sisera. Le torrent de Kison les a entraînés » (5/20-21). Sisera lui-même a dû abandonner son propre char et s’enfuir à pied.

Sisera a accepté l’invitation de Jaël à se réfugier sous sa tente, car on supposait que son mari, un Kénien, resterait neutre. Comme Rahab, Jaël sympathisait avec le peuple d’Israël, et elle a profité de l’occasion pour libérer les Hébreux à un moment critique de leur histoire.  

Elle savait que si Sisera s’échappait, il aurait pu former une autre armée et transformerait la victoire d’Israël en une défaite humiliante. C’était une femme astucieuse, à l’esprit inventif et courageuse. Même le lait qu’elle a donné à Sisera se prêtait à la réalisation de ses objectifs : c’était du leben, le lait des nomades, qui possède des qualités soporifiques.

Selon la loi de l’hospitalité chez les Bédouins, la personne qui en invite une autre à entrer sous sa tente est tenue de la protéger ; c’est pourquoi tuer Sisera dans ces conditions était simplement un assassinat. Débora fait l’éloge de Jaël dans son ode triomphale. Cela ne signifie pas que la Bible justifie la trahison : elle reconnaît seulement sa foi et son courage.  

Dieu se sert même des personnes qui n’ont pas de normes morales, afin d’accomplir Ses desseins. La victoire contre Sisera a constitué le point décisif des combats d’Israël contre les Cananéens. Depuis lors, le pouvoir d’Israël n’a fait que grandir jusqu’à ce qu’il domine tout le territoire que Jabin gouvemait. Tout cela a été possible grâce au courage et à la foi de trois libérateurs : Débora, Barak et Jaël.

Il est intéressant d’observer que seulement six des dix tribus mentionnées ont répondu à l’appel de Débora. « Dans les fàmilles de Ruben grandes furent les résolutions du coeur », mais elles se sont vite estompées, car ils ont préféré leurs paisibles chants de bergers au son des trompettes de guerre; leur ferveur patriotique a été très superficielle et consistait surtout en émotions passagères. L’indolence dont Ruben et trois autres tribus faisaient preuve, tandis que les autres tribus risquaient leur vie, contient une leçon pour l’Eglise.

Devant l’appel à travailler et à se sacrifier pour le Seigneur, de nombreux croyants prennent de grandes résolutions, mais ils ne les mettent pas en pratique. Le plus petit acte accompli dans le combat spirituel vaut mieux que la plus grande résolution jamais exécutée.  

En plus, si l’on ne participe pas au travail de l’Eglise, on lui porte préjudice. «Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse » (Luc 11/23).

e) Madian : Gédéon (Juges 6/1-8/35)

  1. L’oppression (Juges 6/1-10). Une fois de plus, les Israélites sont tombés dans l’idolâtrie cananéenne. Dieu a utilisé une horde de tribus arabes dirigées par les Madianites, un peuple nomade qui maraudait avec ses chameaux dans la presqu’île du Sinaï, afin de châtier Son peuple infidèle. Ils ne sont pas venus dans le but de s’établir en Canaan, mais de dépouiller complètement le pays chaque année à l’approche du temps des moissons. Par conséquent, Israël s’est trouvé dans un état de grande misère pendant sept ans. Finalement, il s’est rendu compte que seul l’Eternel pouvait le sauver. Dieu a envoyé un prophète pour condamner la désobéissance de Son peuple, mais il semble que personne ne soit disposé à abandonner complètement le culte de Baal.
  1. L’appel et la préparation de Gédéon (Juges 6/11-40). Gédéon est l’un des juges les plus nobles : il se caractérise par sa prudence, son courage et sa constance. Il vivait à Ophra, un endroit situé probablement au sud de la vallée d’Esdraelon, centre des incursions des Madianites. Lorsque l’ange de l’Eternel lui est apparu, Gédéon battait du froment, non pas en plein jour par peur des Madianites, mais dans un endroit caché. La salutation de l’ange a été un signe prophétique, et non une affirmation, car à ce moment Gédéon n’était ni courageux ni fort. Mais Dieu « appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Romains 4/17).

Gédéon a blâmé l’Eternel pour l’état des choses, ne se rendant pas compte que c’était Israël qui avait oublié Dieu. Au début, il croyait parler avec un prophète, mais un signe surnaturel l’a bientôt convaincu de l’origine divine du messager et l’a rempli de crainte.

La première étape pour la libération de son peuple a été la démolition de l’autel public de Baal et des symboles d’Ashère, c’est-à-dire le tronc sacré de la déesse. Il fallait s’attaquer premièrement à la cause de l’oppression : l’idolâtrie. Gédéon a ainsi agi en accord avec son nom qui signifie « coupeur » ou « émondeur». Il semble que Joas, son père, partageait les sentiments de son fils, et sa réponse a été à l’origine du nouveau nom de Gédéon: Jerubbaal, c’est-à-dire « que Baal combatte ».

La deuxième étape dans la préparation de Gédéon a été d’être revêtu de l’Eternel qui lui donna puissance et courage. Gédéon a convoqué les tribus voisines à se joindre à lui pour attaquer l’ennemi, mais il n’était pas encore sûr qu’il devait poursuivre son oeuvre, et il a demandé de nouveaux signes, que Dieu lui a accordés. Il semble que sa prudence ait été excessive, mais l’Eternel ne l’a pas critiqué, car l’armée de l’ennemi était extrêmement nombreuse, et la plupart des Israélites manquaient d’armes efficaces, d’instruction militaire, et en plus, ils étaient peu aptes au combat. Maintenant Gédéon était prêt pour la campagne, mais son armée ne l’était pas.

  1. La campagne de Gédéon (Juges 7/1-8/21). Les 32 000 Israélites qui ont répondu à l’appel de Gédéon constituaient une petite armée en comparaison avec les 135 000 hommes de l’armée des Madianites. Cependant, l’Eternel a vu que Gédéon avait trop de soldats pour la sorte de victoire qu’Il voulait lui accorder. En outre, beaucoup de soldats n’étaient pas courageux, et leur crainte allait engendrer la panique chez les autres au moment du combat ; il les a donc autorisés à retourner chez eux (voir Deutéronome 20/1-8).

Comme l’armée de Gédéon, l’Eglise n’a pas besoin de personnes peu disposées à courir des risques dans l’oeuvre du Seigneur ; la qualité est plus importante que la quantité pour la guerre sainte.

Bien que les 10 000 Israélites qui restaient soient tous des hommes vaillants, Dieu a encore réduit le nombre de l’armée d’Israël, afin que personne ne puisse attribuer la victoire à la force humaine, mais plutôt au Seigneur. « Rien n’empêche l’Eternel de sauver au moyen d’un petit nombre comme d’un grand nombre » (1Samuel 14/6).Il voulait aussi n’utiliser que les plus aptes. Les soldats qui se sont mis à genoux et se sont inclinés pour boire de l’eau ne sont pas restés sur le qui-vive en présence de l’adversaire ; les 300 Israélites qui sont restés debout, étaient à tout moment prêts à répondre à leur chef.

Gédéon a été encouragé par ce qu’il a entendu au camp des Madianites. Dieu avait déjà préparé le chemin pour le triomphe, semant la crainte dans le coeur des soldats ennemis.  

Les Israélites se sont rangés en trois colonnes, équipées de flambeaux, de cruches vides et de trompettes bruyantes. Ces armes paraissaient sans doute inefficaces, voire ridicules pour faire la guerre, mais elles ont donné des résultats. La tactique de Gédéon a provoqué la panique chez les Madianites indisciplinés, qui se sont crus attaqués par une armée innombrable, si bien qu’ils ont dégainé leurs épées, se sont blessés mutuellement et enfuis précipitamment vers le Jourdain. Cela a donné l’occasion aux autres tribus de reconnaître que Dieu leur avait donné la victoire et de se joindre à la poursuite. Ainsi tous ont partagé les fruits de la victoire, mais seul Dieu en a reçu la gloire.

La réaction d’Ephraïrn semble montrer qu’il voulait avoir la place de prééminence parmi les tribus (8/1), mais Gédéon a apaisé sa colère avec grand tact. Le libérateur a accompli son devoir de vengeur du sang en exécutant Zébach et Tsalmunna (8/18-21).

  1. La personnalité déconcertante de Gédéon (Juges 8/22-35). Gédéon a fait preuve d’une grande prudence en refusant le titre de roi. C’était la première tentative pour établir la monarchie en Israël. Mais après avoir refusé la royauté, il s’est comporté de façon peu sensée, démontrant ainsi qu’il n’était pas un homme parfait. L’éphod fabriqué par Gédéon avec l’or ramassé était probablement quelque peu différent du vêtement sacerdotal du même nom.

Il semble que Gédéon connaissait peu la loi de Moïse, comme la majorité des juges de cette époque-là, et qu’il ait donc agi par ignorance.  

Egalement, son harem ainsi que le grand nombre de ses enfants ont causé de nombreux problèmes familiaux après son décès.

Cependant, « le pays fut en repos pendant quarante ans, durant la vie de Gédéon » (8/28). Le souvenir de la grande victoire obtenue sur Madian est resté gravé dans la mémoire d’Israël. Samuel en a fait mention : Asaph a chanté sur elle dans l’un des psaumes. Esaïe n’a trouvé aucune autre victoire plus glorieuse que le jour de Madian, et l’auteur de la lettre aux Hébreux inclut Gédéon dans la liste des héros de la foi  (1 Samuel 12/11; Psaume 83/9;  Esaïe 9/4; Hébreux11/32).

f) Abimélec, Thola et Jaïr (Juges 9/1-10/5)

Abimélec n’était pas un vrai juge, mais un usurpateur. Fils de la concubine de Gédéon, il était un homme cruel, ambitieux et traître, qui n’avait pas les scrupules de son père à se proclamer roi. La famille de sa mère était fort influente à Sichem pour aspirer à donner naissance à une dynastie en Israël. Les Hébreux avaient abandonné l’Eternel depuis la mort de Gédéon et avaient instauré un sanctuaire à Baal-Berith à Sichem. Cela avait donné à cet endroit une importance particulière dans la confédération israélite, et préparé le chemin pour qu’Abimélec prenne le pouvoir en Israël. Ce roi, proclamé par lui-même, a voulu inaugurer son règne en tuant ses frères, procédure très courante à l’époque pour éliminer les rivaux et éviter les guerres civiles. Il a probablement utilisé la pierre comme autel et fait croire que les assassinats étaient des sacrifices offerts au dieu Baal.

La cérémonie de couronnement fut loin d’être harmonieuse, car Jotham, le seul frère qui ait échappé à la tuerie des enfants de Gédéon, est apparu sur une colline et a raconté une fable. Il a ridiculisé l’élection d’Abimélec comme roi et prédit exactement le désastre qui s’ensuivrait. La morale de l’histoire est que les personnes de valeur ne délaissent pas leurs occupations pour se consacrer à une vie de roi.

Avant que trois années ne se soient écoulées, les habitants de Sichem ont compris qu’Abimélec était vraiment un « buisson d’épines » inutile. Gaal a commencé une révolution contre lui ; Abimélec a eu le dessus dans les combats, mais il a péri de façon peu glorieuse lorsqu’une femme a laissé tomber un morceau de meule de moulin sur sa tête. Au moment de sa mort, sa seule préoccupation était sa réputation et son orgueil.

Le texte biblique ne s’étend pas sur les actes de Thola et de Jaïr (10/1-5). Une note de la Bible de Jérusalem commente (voir ici ) : « Ces juges mineurs semblent avoir été des chefs de clan qui ont pris le commandement pour chasser l’ennemi. » Il est probable que la fonction de Jaïr ait été uniquement judiciaire.

g) Ammon : Jephthé (Juges 10/6-12/7)

  1. L’oppression ammonite (Juges 10/6-16). Après le temps de calme vécu sous Thola et Jaïr, les Hébreux sont retombés dans l’idolâtrie la plus grossière. Dieu s’est servi des Philistins et des Ammonites pour les punir. C’était la période finale du livre des Juges. L’oppression ammonite était très intense en Galaad et pendant un certain temps, elle s’est étendue à quelques régions à l’ouest du Jourdain. Finalement, les Israélites ont crié vers Dieu pour lui demander du secours.

Alors le Seigneur leur a rappelé, probablement par le ministère d’un prophète, les nombreuses libérations passées et comment ils l’avaient toujours abandonné pour servir des dieux étrangers. Pour la première fois, Dieu se refusait à les libérer. Pourquoi ? Il est évident qu’ils ne s’étaient pas encore repentis. Cependant, lorsqu’ils ont détruit leurs idoles, l’Eternel  « fut touché des maux d’Israël » (10/16). Dieu se montre toujours miséricordieux lorsque Son peuple se repent.

Les Ammonites se sont rassemblés à Galaad dans l’intention de prendre à Israël tout le territoire de la

Transjordanie. Dans cette crise sérieuse, on a convoqué un grand rassemblement des tribus d’Israël à Mitspa, dans la région orientale de Manassé. Ils ont cherché un homme qui prendrait la direction de l’armée d’Israël, et on a désigné Jephthé.

  1. Jephthé libère Israël (Juges 11/1-27). Qui était Jephthé ? Fils d’une prostituée, chassé de la maison par ses frères légitimes, et rejeté par le peuple, Jephthé s’était vu obligé de vivre dans la région semi-sauvage de Galaad septentrional. Là il a rassemblé une troupe d’hommes également méprisés par la société et ruinés, qui le suivaient comme leur chef militaire. Ils menaient une vie de banditisme, faisant des incursions sur les tribus du désert, ce qui les a rendus célèbres.

Malgré sa vie de bandit, il craignait l’Eternel et avait appris à sa fille la crainte du Seigneur.

La délégation des anciens de Galaad a prié Jephthé d’accepter le commandement de l’armée d’Israël. Il a répondu qu’il accepterait cette position à condition qu’après la victoire, on lui donne également la position de chef civil sur tout Galaad. A Mitspa, la délégation a accepté et a fait un pacte avec Jephthé devant l’Etemel. Le chef, malgré ses humbles origines, a reconnu le caractère spirituel de sa mission.

On observe un trait de bonté dans la première action de Jephthé comme juge de Galaad. Il a essayé de régler le différend avec Ammon sans recourir aux armes. Ammon a justifié son agression en disant que les Israélites, en revenant d’Egypte, s’étaient emparés de son territoire. Jephthé a rejeté ces arguments en s’appuyant sur des données historiques (voir Nombres 20/14; 21/21-30; Deutéronome 2/26-37). Il a affirmé que le droit était du côté des Hébreux; et après tout, si les Ammonites voulaient la guerre, ils devaient en accepter les conséquences. L’Etemel serait l’arbitre, et Il donnerait la victoire à qui de droit. Le roi des Ammonites n’a pas prêté attention au message de Jephthé.

Lorsque, après la réponse des Ammonites, la guerre est devenue inévitable, l’Esprit du Seigneur est descendu sur Jephthé et l’a poussé à conduire l’armée des Hébreux à la victoire.

Les spécialistes se sont posé beaucoup de questions sur la nature du voeu insensé de Jephthé. Etait-ce vraiment un voeu de sacrifier un être humain ? Peut-on gagner la faveur de Dieu en offrant un sacrifice interdit par la loi ? Sans aucun doute, ses motivations étaient bonnes, mais il n’est pas nécessaire de marchander avec Dieu. On doit se rappeler que Jephthé était un homme ignorant, aux moeurs rudes, chef d’un groupe de bandits.      

Cela peut excuser son ignorance de la loi de Moïse (Deutéronome 12/31), et la présence de certaines idées cananéennes. Dieu lui a donné la victoire, non pas à cause de son voeu, mais à cause de sa foi.  

Certains experts pensent que sa fille n’a pas été sacrifiée en holocauste, mais consacrée à une vie de célibat (voir 11/37-38), Martin Luther estime : « Le texte est suffisamment clair » (voir 11/39). La fille de Jephthé a demandé l’autorisation de pleurer sa virginité (11/37), car dans l’ancien Israël la plus grande gloire d’une femme était d’avoir des enfants, et mourir célibataire, son plus grand malheur. 

Les Ephraïmites susceptibles, en colère d’avoir été exdus de la victoire sur Ammon, ont menacé Jephthé de mort. Ils s’étaient comportés de la même façon lorsque Gédéon avait triomphé sur les Madianites (8/1). Ils aspiraient, semble-t-il, à l’hégémonie en Israël.

Cependant, la façon dont Jephthé les a traités contraste de façon très nette avec l’attitude de Gédéon.

Jephthé les a mis en déroute, et les Galaadites identifiaient ceux qui essayaient d’échapper par les gués du Jourdain. Ils les obligeaient à prononcer le mot  « schibboleth » (épi, ou courant d’un fleuve), mot dont la

prononciation correcte était presque impossible aux Ephraïmites. La guerre entre tribus met en évidence le manque d’unité en Israël pendant cette période des Juges.

h) Ibtsan, Elan et Abdon (Juges 12/8-15)

La Bible ne dit rien d’important sur les actions de ces juges mineurs. Apparemment, Ibtsan et Abdon étaient tous deux des hommes riches qui détenaient une haute position sociale, car ils avaient un grand nombre d’enfants.

  1. Philistie : Samson (Juges13 à 16)
  2. L’oppression philistine. La sixième et demière oppression a été celle des Philistins.

Selon Juges 10/7-8, les Philistins ont conquis la partie occidentale de Canaan plus ou moins à la même période de l’oppression ammonite en Galaad. La période de Jephthé, Samson et Eli a coïncidé, car chacun exerçait son rôle de juge dans des régions différentes d’Israël.  

Contrairement à d’autres oppresseurs, les Philistins ont envahi le territoire israélite non pas seulement en vue de le piller, mais de l’occuper de façon permanente et de le gouvemer.

Les Philistins étaient un peuple indo-européen, originaire de Caphtor  (Deutéronome 2/23; Amos 9/7), c’est-à-dire Crète et la zone occidentale de l’Asie mineure. Ils faisaient partie de ce que l’on appelle les « peuples de la mer », qui avaient été expulsés de leurs territoires par d’autres peuples au douzième siècle avant le Christ.  

Ils ont envahi l’Egypte, mais Ramsès III les a refoulés lors d’un grand massacre en 1880 avant Jésus-Christ. Puis ils se sont installés dans la Shéphéla (frange côtière) de Canaan. Socialement, ils se sont groupés en cinq villes-Etats : Gaza, Asdod, Askalon, Gath et Ekron. Des « tyrans » ou des «princes » ont gouverné ces districts qui ont formé la coalition philistine.

Les Philistins avaient une armée bien organisée et bien armée, et pendant longtemps ont joui de la supériorité militaire en Palestine.

Ennemis acharnés des Hébreux, ils ont maintenu leur domination sur une grande partie de Canaan.  Samson a commencé contre eux une lutte qui a duré jusqu’à ce qu’ils soient définitivement vaincus par le roi David. Ils ne pratiquaient pas la circoncision, et les Israélites les méprisaient pour cela (Juges 14/3;  1 Samuel17/26; 18/25).

  1. Naissance de Samson (ch.13). Samson veut dire « soleil », nom très approprié, car il serait un rayon de lumière pour son peuple opprimé. Comme pour Isaac, Samuel et Jean-Baptiste, la naissance de Samson d’une femme stérile a été le résultat d’une intervention divine.

L’importance de sa mission est soulignée par l’annonce de sa naissance par l’ange de l’Eternel. Prédestiné par Dieu pour lutter pour la libération de son peuple, Samson a vécu toute sa vie dans l’état de consécration légale que l’on nomme naziréat.

A cette consécration externe, l’Eternel a répondu en le revêtant de Son Esprit. Rien dans la Bible n’indique que Samson ait été doué d’une musculature puissante ; il ne pouvait accomplir des prouesses de force que lorsque l’Esprit-Saint descendait sur lui.

  1. Prouesses de Samson (Juges 14/1-16/31). Sans compter le miracle de Léchi, les prouesses du champion danite s’élèvent à onze. La plupart portent sur ses relations avec des femmes philistines, relations strictement interdites par la loi mosaïque et pas du tout appropriées pour un libérateur d’Israël. Cette faiblesse est apparue lors d’une visite en pays philistin, où une jeune Philistine a attiré son attention. De retour dans sa famille, il a demandé à son père, selon les coutumes de l’époque, de négocier son mariage avec elle. Naturellement, ses parents pieux ont protesté, car ils « ne savaient pas que cela venait de l’Eternel : car Samson cherchait une occasion de dispute de la part des Philistins » (Juges 14/4). Dieu a prévalu sur les inclinations mondaines de Samson afin de permettre le début des hostilités qui devaient aboutir à la punition des cruels Philistins (voir Psaume 76/10).

En chemin vers la maison de la jeune Philistine, Samson a déchiré un lion rugissant qui venait à sa rencontre. Il est probable que les chacals, abondants dans la région, aient mangé sa chair, ou que la chaleur du soleil ait desséché rapidement la dépouille, la transformant en un squelette couvert de chair et de peau desséchées. Des abeilles s’y sont installées. Cet incident a donné lieu à la fameuse énigme de Samson et à sa réaction violente lorsque sa fiancée l’a trahi.

Les tentatives de Samson pour se réconcilier avec elle ont été frustrées par le père, qui a obligé la jeune fille à se marier avec l’ami intime de Samson. Pour se venger des Philistins, Samson a attrapé 300 renards. Il les a attachés « queue contre queue et mit un flambeau entre deux queues, au milieu. Il alluma les flambeaux, lâcha les renards dans les blés » (15/4-5) et les plantations d’oliviers des Philistins. En représailles, les Philistins ont brûlé vifs la femme de Samson et son père. Samson s’est fâché encore davantage et dans sa colère il a tué de nombreux Philistins. Les hommes de Juda, dans le désir d’apaiser les Philistins, voulaient livrer Samson à ses ennemis.

Celui-si s’est laissé lier et livrer, et quand il était au milieu des Philistins, il a brisé les liens et tué mille Philistins, en se servant de la mâchoire d’un âne. Il avait très soif après un si grand effort, et Dieu, dans Sa grâce, lui a fourni de l’eau en ouvrant une cavité dans le rocher pour en faire jaillir de l’eau.

Après sa victoire, il semble que Samson ait mené une vie plus paisible, étant juge en Israël pendant 20 ans.  Cependant, il a rendu visite à une prostituée à Gaza, ville de Philistie. Il a échappé à un piège que lui avaient tendu ses habitants, se levant la nuit et arrachant les portes de la ville pour les emporter loin. Cette prouesse a porté un coup humiliant aux Philistins.

La sensualité de Samson l’a conduit finalement à sa perte. Il s’est amouraché d’une femme du nom de Delila (« pieuse »), probablement une Philistine. Les chefs des Philistins ont offert à la femme une somme énorme pour qu’elle le convainque de lui révéler le secret de sa force. La description de cet épisode est un chef d’oeuvre. Avec une ruse diabolique, Delila a réussi peu à peu à lui extirper son secret. La tragédie atteint son point culminant lorsque le libérateur, endormi sur les genoux de la femme, se réveille croyant pouvoir s’échapper comme d’habitude. « Il ne savait pas que l’Etemel s’était retiré de lui» (Juges 16/20).

Ce serait une erreur de penser que la force de Samson résidait dans la longueur de ses cheveux. Cela n’était qu’un signe extérieur de sa consécration. Sa consécration était le véritable secret de son pouvoir. Il avait déjà violé, à plusieurs reprises, son voeu de naziréen, en ayant des rapports avec une femme païenne, en touchant la carcasse du lion, et par ses aventures immorales. Il ne lui restait plus que ses cheveux longs. Quand ils lui ont été coupés, Dieu s’est écarté de lui.

Le traitement que Samson a reçu des mains des Philistins montre les fâcheuses conséquences d’avoir renoncé à certains idéaux spirituels et moraux pour céder à la chair.  

Trois mots peuvent résumer la situation : aveugle, enchaîné et toumant la meule.  

La plus grande tragédie provoquée par le péché de Samson était l’opprobre qu’il a fait tomber sur Dieu. Tous les Philistins ont cru qu’ils devaie»t la victoire à Dagon, leur dieu. Ils ont donc préparé une grande fête en son honneur.

Pendant ce temps, Samson méditait sur les événements. Il s’est repenti, a renouvelé sa consécration au Seigneur, et ses cheveux ont repoussé. Au milieu des Phflistins qui s’amusaient à ses dépens, l’aveugle impuissant clamait vers le Seigneur, qui l’a exaucé. Sans aucun doute, le massacre qu’a perpétré Samson a affaibli la puissance des Philistins et a rendu possibles d’autres victoires ultérieures.

  1. Evaluation de Samson. Samson figure parmi les juges comme un cas unique. Il n’a pas dirigé le peuple dans la guerre, et il ne l’a pas conduit à la victoire, mais il a attaqué lui-même les Phflistins.

Pourquoi ? Il est évident que les Israélites n’étaient pas prêts à se dresser contre leurs oppresseurs (15/913). Bien que Samson soit le héros de la résistance, il faisait toujours passer ses propres intérêts avant ceux de sa nation. Jusqu’à la mort, il voulait se venger de ses adversaires. Samson a gardé le signe extérieur de sa consécration, sa longue chevelure, mais il en a violé l’esprit à plusieurs reprises. Finalement, il a payé le prix pour avoir violé ses voeux.                

Pourquoi Dieu a-t-il utilisé un homme si indigne ? Peut-être dans ces jours sombres, vers la fin de l’époque des juges, Samson était ce qu’il y avait de meilleur. Il était, pour le moins, disposé à se laisser guider par l’Esprit, si bien que Dieu pouvait l’utiliser. L’Eternel ne s’est pas servi de lui parce qu’il était mauvais, mais parce qu’il voulait montrer sa propre fidélité aux promesses. Samson, malgré sa mauvaise conduite, n’a jamais cessé d’être un témoignage vivant de la fidélité de l’Eternel pour défendre les siens tant qu’ils lui restent fidèles.

Situation sociale à l’époque des Juges (Juges 17-21)

Ces chapitres sont des appendices décrivant certains des aspects les plus tristes de cette époque obscure de l’histoire du peuple hébreu, qui représente la moralité la plus basse et le chaos le plus complet de toute la Bible. On parle de tromperies et de vols, d’une ignorance spirituelle dans laquelle on fabriquait une idole en pensant que l’on représentait l’Eternel, d’une corruption épouvantable et de guerres entre les tribus d’Israël. Gillis commente : « En effet, l’un des objectifs de l’auteur semble être de démontrer que l’époque suivante, la période de la monarchie, serait meilleure que celle des juges. ».

a) Mica et son idolâtrie (Juges 17-18)

Les événements décrits dans cette section sont en rapport avec la migration des Danites au nord de Nephthali, car ils furent incapables de vaincre les Amoréens (1/34). Ils illustrent la décadence de la religion de l’Eternel à ce moment-là. Mica avait volé à sa mère, et la restitution de l’argent a été considérée comme un acte religieux. Avec l’argent restitué, la mère a engagé un fondeur d’images pour qu’il fasse une statuette idolâtre. Un Lévite étranger a accepté l’invitation de Mica à exercer le ministère de prêtre dans sa maison, afin d’obtenir la sécurité matérielle du logement et du couvert. En tout cela, Mica et sa mère étaient convaincus qu’ils servaient l’Etemel, ignorant que Silo était le seul sanctuaire où l’on pouvait servir Dieu.

Les Danites qui émigraient vers le nord, n’ont pas hésité à voler les images de la maison de Mica et à emmener avec eux le prêtre, qui a collaboré volontiers avec eux, car c’était un arriviste. Mica avait péché en établissant son propre sanctuaire, ce qui était contraire à la loi de Dieu ; le Lévite a péché en quittant la ville où il devait servir, et en agissant de façon illégitime en tant que sacrificateur ; les Danites ont péché en quittant le territoire qui leur avait été assigné, en établissant leur propre sanctuaire et en volant ce qui appartenait à autrui.

b) Atrocités à Guibea et guerre civile (Juges 19-21)

Le deuxième appendice présente la corruption morale provoquée en partie par l’influence du culte de Baal. Le péché des « gens pervers » (Juges 19/22; 20/13) de Guibea est semblable à celui des gens de Sodome (Genèse 19/5); il a provoqué la colère de tout Israël.

Cependant, les Benjaminites n’ont pas voulu réparer le grand outrage commis, et ils ont été brutalement décimés dans la guerre. Pour que Benjamin ne disparaisse pas et pour que la tribu puisse renaître, les autres ont donné aux Benjaminites survivants du massacre  400 vierges qu’ils avaient épargnées à Jabès en Galaad. En outre, comme les Israélites ne voulaient pas violer leur pacte avec Benjamin, ils ont utilisé une ruse pour fournir des épouses aux deux cents Benjaminites qui restaient sans conjoint.

Le livre se termine par une observation exacte : il suggère que lorsque l’on fait ce qui semble bon à ses propres yeux, on fait généralement mal. Israël avait besoin d’un roi.

Laisser un commentaire

Copyright © [El Shaddai]. Tous droits réservés. Pasteur Eric Pérus . Toute reproduction, même partielle, interdite.
error: Attention contenue protégée, Content is protected !!
%d blogueurs aiment cette page :