L’œil est la lampe du corps
L’œil est la lampe du corps

L’ŒIL EST LA LAMPE DU CORPS

Étude biblique du Pasteur Eric Perus, sur la vision spirituelle : lien entre l’œil et le cœur, lumière intérieure, influence du « mauvais œil », regards qui sauvent ou qui perdent.

« L’œil est souvent associé au cœur »

Introduction - L’œil est la lampe du corps

Illustration de l'étude sur L’ŒIL EST LA LAMPE DU CORPS

Introduction

Le Seigneur nous a donné cinq sens pour explorer le monde dans lequel nous vivons, mais la vision est sans doute le moyen le plus efficace, et aussi peut‑être le plus redoutable.

Yeshoua déclare :

Matthieu 6/22‑23 – lire dans la LSG

« L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! »

Autrement dit, la manière dont nous « voyons » les choses du monde est une clé pour notre vie tout entière. Il ne s’agit pas seulement de vision physique, mais de la manière de comprendre les réalités célestes et l’action de l’Éternel dans nos vies.

Voir sans comprendre : le cas d’Israël

Les Hébreux sont sortis d’Égypte après avoir vu de grands prodiges, ils ont constaté de leurs yeux la puissance et la bonté du Père céleste. Pourtant, après quarante ans dans le désert, Moïse peut dire :

Deutéronome 29/2‑6 – lire dans la LSG

« Vous avez vu tout ce que l’Éternel a fait sous vos yeux, dans le pays d’Égypte, à Pharaon, à tous ses serviteurs, et à tout son pays, les grandes épreuves que tes yeux ont vues, ces miracles et ces grands prodiges. Mais, jusqu’à ce jour, l’Éternel ne vous a pas donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre. »

Moïse rappelle aussi que, pendant quarante ans, leurs vêtements ne se sont pas usés, leurs chaussures non plus, qu’ils n’ont pas mangé de pain ni bu de vin afin de savoir que l’Éternel est leur Elohim.

En résumé : « Vous avez vu, mais vous n’avez rien compris, parce que vous avez mal vu et que votre cœur n’a pas été touché. »

Ésaïe 6/10 – Jean 12/40

Dieu confirmera plus tard ce diagnostic : « Rends insensible le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles, bouche‑lui les yeux, pour qu’il ne voie point de ses yeux, n’entende point de ses oreilles, ne comprenne point de son cœur, ne se convertisse point et ne soit point guéri. »

Jean reprend : « Il a aveuglé leurs yeux; et il a endurci leur cœur, de peur qu’ils ne voient des yeux, qu’ils ne comprennent du cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. »

Bien « voir » selon le Seigneur amène la guérison de la personne et de la société quand elles comprennent, avec le cœur, leur état réel. L’œil est donc lié au cœur.

L’œil est lié au cœur

Les sages d’Israël soulignent le lien étroit entre l’œil et le cœur. La jonction entre l’âme et l’esprit est appelée « la source ». Or, les mots « source » et « œil » se disent de la même façon en hébreu : עַיִן (‘ayin).

Proverbes 4/23 – lire dans la LSG

« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »

1 Samuel 16/7 (b) – lire dans la LSG

« …l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »

On comprend alors que ce que voient nos yeux (physiques et spirituels) est connecté directement à l’état de notre cœur. D’où l’importance de « laver » les yeux en même temps que le cœur.

Schéma simplifié : corps – âme – esprit – cœur

Corps

Partie visible, en contact avec le monde matériel par les cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat).

Nefesh (âme)

Siège de l’intelligence, des émotions, des sentiments, de la volonté. Elle réagit à ce qui entre par les sens.

Neshama / Rouah (esprit humain)

Siège de l’intuition spirituelle, de la conscience profonde, de la foi, des dons spirituels et de la communion avec Dieu.

Cœur (centre)

Point de jonction entre âme et esprit : là se décident les choix, là se forment les intentions. Ce que voient les yeux marque le cœur.

Rouah HaKodesh (Esprit Saint)

Esprit de Dieu qui éclaire l’esprit humain, donne discernement, corrige le cœur et nous fait voir comme Dieu voit.

Les « sources de la vie » jaillissent d’un cœur gardé dans la lumière de Dieu; à l’inverse, un cœur endurci produit une vision faussée de la réalité.

Voir et regarder : quel rôle pour l’œil droit ?

« Voir » est un acte plutôt passif : je vois passer quelqu’un à vélo, je vois le soleil à travers les nuages. « Regarder » est un acte volontaire : je regarde les couleurs d’un oiseau, je regarde un film avec intérêt.

Entre les deux, il y a le cœur : c’est lui qui décide de s’attarder, de contempler, de désirer. La question n’est pas seulement ce que nous voyons, mais ce que nous choisissons de regarder et d’entretenir.

Matthieu 5/29 – lire dans la LSG

« Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache‑le et jette‑le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. »

L’« œil droit » dans la Bible évoque l’œil qui juge une situation et conduit à une décision. La droite, par opposition à la gauche, représente la force, la puissance, l’autorité.

La droite de l’Éternel

La « droite de l’Éternel » parle de sa puissance, de sa justice, de son autorité :

  • Exode 15/6 : « Ta droite, ô Éternel ! a signalé sa force; ta droite, ô Éternel ! a écrasé l’ennemi. »
  • Ps 18/36 : « Tu me donnes le bouclier de ton salut, ta droite me soutient… »
  • Ps 48/11 : « …ta droite est pleine de justice. »

Chez l’homme, la vision de l’« œil droit » devrait être conduite par le Saint‑Esprit, sinon elle se laisse facilement influencer par les désirs de la chair ou des esprits malfaisants.

Crever l’œil droit : un acte de malédiction

  • 1 Samuel 11/2 : « Je traiterai avec vous à la condition que je vous crève à tous l’œil droit, et que j’imprime ainsi un opprobre sur tout Israël. »
  • Zacharie 11/17 : « …que l’épée fonde sur son bras et sur son œil droit ! Que son bras se dessèche, et que son œil droit s’éteigne ! »

Toucher à l’œil droit, c’est attaquer la capacité de juger droitement, de discerner, de décider dans la lumière. Quand l’œil droit succombe à la tentation, il peut être entraîné par les désirs de l’âme et par des esprits qui rôdent.

Avertissement de Yeshoua

« Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute… » : c’est à chacun de veiller à ce qui nourrit son regard, à « arracher » ce qui le fait tomber, avant que cela n’assombrisse tout son être.

Le « mauvais œil » : jalousie et convoitise

On parle souvent, dans le monde, du « mauvais œil », avec amulettes et superstitions. Bibliquement, le « mauvais œil » c’est d’abord un regard jaloux, rempli de convoitise, qui « regarde de travers » les biens ou la réussite d’autrui.

Exemples bibliques

  • 1 Samuel 18/9 : « Et Saül regarda David d’un mauvais œil, à partir de ce jour et dans la suite. »
  • Matthieu 20/15 : « Ne m’est‑il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois‑tu de mauvais œil que je sois bon ? »

Le « mauvais œil » est donc un œil jaloux, qui convoite et parfois maudit. La jalousie peut aller jusqu’à la haine et aux « mauvais sorts », mais l’Écriture rappelle :

Proverbes 26/2 – lire dans la LSG

« Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, ainsi la malédiction sans cause n’a point d’effet. »

1 Jean 2/15‑16 – lire dans la LSG

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde… car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. »

Luc 19/26 (principe de Yeshoua)

« On donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. » L’attention jalouse mise sur les autres nous empêche de voir ce que Dieu veut faire avec nous.

Protection du croyant

Si le croyant vit droitement, une malédiction « sans cause » n’a pas de prise sur lui. En revanche, s’il ouvre des portes au diable (enrichissement malhonnête, ministère utilisé pour sa propre gloire, etc.), alors une malédiction peut trouver un point d’accroche jusqu’à ce qu’il se repente et répare.

Voir aussi : Proverbes 28/27; 1 Pierre 5/8; Apocalypse 12/10 pour le rôle de l’accusateur et l’importance de la sobriété spirituelle.

Lever les yeux pour voir : l’exemple de Lot

Les sages d’Israël voient dans les récits de la Genèse des annonces prophétiques pour les temps de la fin. L’histoire de Lot, protégé par des anges lors de la destruction de Sodome, nous sert d’avertissement.

Genèse 13/10‑13 – lire dans la LSG

« Lot leva les yeux, et vit toute la plaine du Jourdain, qui était entièrement arrosée… c’était comme un jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte. Lot choisit pour lui toute la plaine du Jourdain… et dressa ses tentes jusqu’à Sodome. Les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre l’Éternel. »

Le départ de Lot ressemble à une grande bénédiction matérielle, mais son choix suit quatre étapes dangereuses :

  • Il ne pense qu’à lui‑même et à son confort matériel, en s’appuyant sur ce qu’il voit (plaine arrosée, fertile), sans qu’aucune relation avec l’Éternel ne soit mentionnée.
  • Il avance dans cette direction sans chercher la volonté de Dieu : aucune prière, aucun autel, aucun dialogue avec l’Éternel dans ce passage.
  • Ce faisant, il s’éloigne d’Avraham, son « frère dans la foi », en confondant bénédiction matérielle et approbation divine.
  • Il finit par considérer les habitants de Sodome comme ses « frères » (Gen 19/7), au point d’être prêt à livrer ses propres filles; pourtant, les habitants le voient comme un étranger (Gen 19/9).

Lot avait dans le cœur une recherche de bien‑être et de sécurité matérielle, plus que la recherche de la face de Dieu. Son regard a suivi son cœur.

Proverbes 4/19 – lire dans la LSG

« La voie des méchants est comme les ténèbres; ils n’aperçoivent pas ce qui les fera tomber. »

Ézéchiel 13/3 – lire dans la LSG

« Malheur aux prophètes insensés, qui suivent leur propre esprit et qui ne voient rien ! »

Le méchant (ou celui qui ne cherche pas Dieu) ne voit que selon ses propres références. Sa vision reste enfermée dans le monde matériel et limité : il ne peut ni prévoir la suite, ni discerner les conséquences éloignées de ses choix.

À l’inverse, celui qui se confie en l’Éternel reçoit, par le Saint‑Esprit, une autre façon de voir, un autre « angle » sur la réalité, même lorsqu’elle lui échappe humainement.

Lever les yeux dans la foi

Si Lot « lève les yeux » pour choisir selon la chair, d’autres « lèvent les yeux » pour discerner l’intervention de Dieu.

Genèse 22/13 – lire dans la LSG

« Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. »

1 Chroniques 21/16 – lire dans la LSG

« David leva les yeux, et vit l’ange de l’Éternel se tenant entre la terre et le ciel, et ayant à la main son épée nue tournée contre Jérusalem… »

Ici, lever les yeux signifie : chercher la réalité spirituelle derrière les circonstances, recevoir la révélation de Dieu au-dessus de ce que perçoivent les sens naturels.

Chacun voit ce qu’il aime voir

Souvent, l’homme voit ce qu’il veut voir plus qu’il ne voit ce qui est réellement. Le Seigneur a voulu que l’homme soit libre : le libre arbitre suppose la possibilité de se tromper, mais aussi la possibilité de choisir la vérité.

2 Thessaloniciens 2/11‑12 – lire dans la LSG

« Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés. »

La « puissance d’égarement » ne force personne : elle place simplement un choix clair devant les hommes. Ceux qui aiment la vérité ont déjà la Parole de Dieu pour discerner; ceux qui aiment l’injustice adoptent le mensonge qui correspond aux désirs de leur cœur.

1 Samuel 16/7 (fin) – Proverbes 12/15; 21/2

« …l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. »

  • Pr 12/15 : « La voie de l’insensé est droite à ses yeux, mais celui qui écoute les conseils est sage. »
  • Pr 21/2 : « Toutes les voies de l’homme sont droites à ses yeux; mais celui qui pèse les cœurs, c’est l’Éternel. »

Ce n’est pas la situation en elle‑même qui trompe, mais le cœur qui sélectionne et interprète ce qu’il veut voir. D’où l’urgence de laisser Dieu peser et purifier nos cœurs, pour que nos yeux voient droit.

Contrastes : aimer la lumière ou les ténèbres

Jean 3/19 – lire dans la LSG

« La lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. »

Psaume 2/1‑3 – lire dans la LSG

Les nations se révoltent contre l’Éternel et son Oint, disant : « Brisons leurs liens, délivrons‑nous de leurs chaînes ! »

Quand la puissance d’égarement se manifeste, ceux qui aiment l’injustice la reçoivent comme un soulagement, une pseudo‑libération. Mais en réalité, c’est leur propre cœur qui les condamne.

1 Rois 22/20‑22 – lire dans la LSG

Dieu permet à un « esprit de mensonge » d’opérer dans la bouche des faux prophètes d’Achab. Là encore, l’épreuve révèle ce que le roi veut entendre : un message flatteur plutôt qu’une vérité dérangeante.

La puissance d’égarement ne fait qu’exposer le choix du cœur : vérité ou mensonge, lumière ou ténèbres.

Que regardons‑nous vraiment ?

« Ce qui t’attire te définit. »

Quand quelqu’un nous éclaire avec une lampe très forte, nous voyons la lumière, mais pas la personne derrière. De même, quand nous consommons images, vidéos, films, nous voyons le contenu mais rarement les intentions spirituelles qui se cachent derrière.

La vraie question devient alors : quels fruits produit ce que je regarde ? Cela m’élève‑t‑il vers Dieu, vers l’amour, ou nourrit‑il des désirs contraires à l’Évangile ou simplement un « laisser‑aller » qui empoisonne mon cœur ?

Psaume 101/2‑3 – lire dans la LSG

« Je marcherai dans l’intégrité de mon cœur, au milieu de ma maison. Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux; je hais la conduite des pécheurs; elle ne s’attachera point à moi. »

Job 31/1 – lire dans la LSG

« J’avais fait un pacte avec mes yeux, et je n’aurais pas arrêté mes regards sur une vierge. »

Ce qui entre par les yeux marque l’âme. Le disciple est invité à discerner ce qu’il laisse entrer, à faire un « pacte » avec ses yeux plutôt qu’un pacte avec ses convoitises.

Apocalypse 3/18 – Psaume 146/8

Yeshoua conseille d’acheter un « collyre pour oindre les yeux, afin que tu voies » (Ap 3/18). « L’Éternel ouvre les yeux des aveugles… » (Ps 146/8).

Le remède au mauvais regard n’est pas seulement de se priver, mais de laisser le Seigneur oindre nos yeux et redresser notre vision à partir du cœur.

Vivre dans le regard des autres

On ne peut pas échapper au regard des autres, mais on peut éviter d’en être prisonnier. Vivre sous le regard des autres empêche d’être soi‑même et de penser par soi‑même.

Beaucoup voient le monde à travers les médias, ou à travers les lunettes d’un leader religieux, au lieu de le voir à travers les Écritures et le regard du Père céleste.

Il existe des « droits de regard » légitimes (conjoints, parents/enfants, autorités), mais se soumettre affectivement au regard d’une personne dominante peut devenir une forme d’idolâtrie : on finit par vivre pour plaire à l’autre au lieu de vivre pour Dieu.

Nous demeurons personnellement responsables de nos choix, même si l’influence des autres est forte. Ne pas choisir, c’est encore un choix.

Psaume 25/15 – lire dans la LSG

« Je tourne constamment les yeux vers l’Éternel, car il fera sortir mes pieds du filet. »

Le regard qui libère est celui de Dieu. Plus nos yeux sont fixés sur Lui, moins nous sommes esclaves du jugement des hommes.

La poutre et la paille : deux visions faussées

Luc 6/39‑42 – lire dans la LSG

Yeshoua parle de deux personnes qui ont un problème dans l’œil : l’une avec une paille, l’autre avec une poutre. Dans les deux cas, la vision spirituelle est faussée.

Question : comment quelqu’un avec une poutre dans l’œil peut‑il voir la paille dans l’œil de son frère ? Réponse : il s’agit des yeux du cœur. Ce que nous voyons des autres dépend de ce que nous portons à l’intérieur.

Schéma symbolique : paille et poutre

Paille – תֶּבֶן (Teven)

Paille, déchet après le battage, matériau de peu de valeur utilisé dans le torchis. Symbolise quelqu’un qui se voit comme inutile, « déchet » de la société, sans estime de soi.

Poutre – קֹרָה (Qorah)

Poutre, chevron, élément porteur du toit. Vient de la racine קָרַח (qarah) « rendre chauve, nu ». Symbolise celui qui se croit porteur de la maison, supérieur, mais qui est spirituellement nu.

L’homme à la paille se dévalorise; l’homme à la poutre s’exalte. Tous deux sont aveugles spirituellement et incapables d’aider vraiment l’autre.

Celui qui a la « poutre » se croit solide, plus saint, plus utile. Mais aux yeux de Dieu, il est « nu » (voir Apocalypse 3/17) : riche en apparence, pauvre et aveugle en réalité.

Celui qui a la « paille » se sent sans valeur, écrasé, et ne s’aime pas. Il est souvent dans la souffrance, la honte, la comparaison permanente.

Luc 18/11‑14 – lire dans la LSG

Le Pharisien qui se félicite de sa justice et le publicain qui n’ose pas lever les yeux illustrent bien ce contraste. C’est le second qui repart justifié, parce que l’orgueil aveugle, alors que l’humilité ouvre le cœur à la lumière.

Ne confondons pas modestie et manque de confiance en soi : la vraie modestie reconnaît la vérité sur soi devant Dieu, ni plus ni moins. L’orgueil comme la haine de soi sont deux formes de « mauvaise vue » spirituelle.

Conclusion : laver les yeux, c’est commencer à laver le cœur

Jean 9/5‑7, 11 – lire dans la LSG

Yeshoua oint les yeux d’un aveugle‑né avec de la boue et lui dit d’aller se laver au réservoir de Siloé (« envoyé »). L’homme y va, se lave, et revient voyant clair.

Le nom de Siloé (שִׁלֹחַ, Shiloah) vient d’une racine qui signifie « envoyer », mais aussi « laisser aller, faire traverser ». Ce lavage des yeux symbolise le passage des ténèbres à la lumière, de l’aveuglement à la vision.

Or l’œil et le cœur sont en connexion directe : lorsque Yeshoua oint nos yeux spirituels, c’est tout notre cœur qui commence à être transformé. Il nous fait « traverser » notre ancienne manière de voir pour entrer dans la sienne.

En pratique, cela signifie :

  • Laisser le Seigneur révéler l’état réel de notre cœur (paille, poutre, jalousie, peur, orgueil…).
  • Renoncer aux regards qui nourrissent la convoitise, la jalousie, l’amertume ou la haine.
  • Remettre nos décisions importantes à la lumière de Dieu, et non seulement de ce qui « frappe les yeux ».
  • Choisir de voir les autres – et nous‑mêmes – à travers le regard du Père, plus que par celui des hommes.

« L’œil est la lampe du corps » : si la lampe est purifiée et alimentée par l’huile de l’Esprit, alors tout le corps – et toute la vie – sera éclairé.

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