Le crime d’être croyant

Cela se passait en 1948 dans un pays de l’Est. J’avais huit ans. Un jour ma mère m’avait envoyé faire une course. En rentrant à la maison, je restai figé sur le seuil : mon père, ma mère, ma grand-mère, mes deux sœurs, mon petit frère étaient assis sur des chaises le long du mur.

Au milieu de la pièce, un individu était en train de fouiller dans un coffre, un revolver à la main.

A côté de lui deux hommes tout aussi menaçants.

Me montrant du doigt une chaise vide, l’homme armé m’ordonna :  » Assieds-toi « .

J’obéis tout en regardant mes parents. Ils restaient immobiles, l’air anxieux Je n’osai poser aucune question et je me tins également très tranquille.

Les hommes fouillèrent toute la maison et entassèrent, à côté du coffre, tous les livres, fascicules et manuscrits qui leur paraissaient douteux. Notre bible était parmi ces ouvrages.

Et cette montagne de livres grandissait au fur et à mesure de leurs recherches.

Finalement, ils mirent tout dans un sac et dirent à mon père :

 » Dites au revoir à votre famille et suivez-nous.

— Est-ce que nous ne pouvons pas prier ensemble une dernière fois ? demanda mon père d’une voix tremblante.

— Non, faites seulement vos adieux. — Mais ce sera notre seul adieu. — Je veux bien, mais seulement deux minutes « .

Nous tombâmes à genoux et commençâmes à prier. Ma mère pleurait.

Je ne comprenais absolument pas ce qui se passait.

Pourquoi ces hommes voulaient-ils emmener mon père ?

Nous étions encore à genoux lorsque nous fûmes violemment interrompus :

 » Allez, allez cela suffit. Venez « . Mon père acheva la prière, nous embrassa et fut emmené.

Nous restâmes seuls. On m’expliqua que mon père avait été arrêté parce qu’il était croyant.

Nous n’allions peut-être plus jamais le revoir.
Le jugement eut lieu quelques mois plus tard.

Ma mère et moi, ainsi que d’autres membres de notre famille, nous dûmes rester devant la porte de la salle où mon père fut condamné.

Quand elle s’ouvrit nous apprîmes le verdict : condamné à mort.

Nous restions là, atterrés, lorsque nous vîmes mon père conduit par des policiers vers une voiture en stationnement.

Il passa près de nous calmement, nous jetant un regard plein de tendresse.

Je le suivis des yeux, ne sachant pas encore à ce moment-là que nos regards se croisaient pour la dernière fois sur la terre.

Plus tard, nous apprîmes que sa peine avait été commuée en 25 ans de travaux forcés ; toutefois mon père ne revint jamais.

Mais le Seigneur a fait germer la semence dans le cœur de ses enfants.

Mon père est mort en témoignant pour Jésus Christ, et moi qui suis encore en vie, j’aimerais achever avec l’aide de Dieu ce qu’il n’a pas eu le temps de faire. »

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