Qui l’aurait cru ?

Qui l’aurait cru ? Un prospectus, une simple invitation aux réunions évangéliques, et voilà déclenchée une poussée de réveil aux ramifications mondiales. Un peuple méprisé et rejeté par la majorité des hommes découvre qu’il est aimé par le Christ qui dit : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. »

Les chrétiens commencent à réaliser leur responsabilité vis-à-vis de ces tribus ignorées. Un champ missionnaire nouveau surgit comme par enchantement parmi ces millions de créatures errantes depuis des siècles en notre vaste monde.

Ce modeste article a pour but de retracer l’étonnante histoire de ce réveil en marche et qui débuta en 1950.

Origine du Reveil

PREMIÈRE GUÉRISON MIRACULEUSE

PREMIÈRE FAMILLE CONVERTIE A JESUS-CHRIST Madame REINHARD, au lendemain de la guerre, reprit le voyage en caravane, après avoir connu, avec sa famille, des dures épreuves dans des camps où la destinée devait être une fin tragique semblable à celle de ces 500 000 tziganes martyrs des camps de concentration.

Elle allait,comme par le passé, de village en village, exerçant son petit commerce de mercerie et de vente de paniers d’osiers que tressaient son mari et ses fils. Des circonstances certainement dirigées par Dieu l’amenèrent,un jour, dans une petite ville normande et voici comment elle raconte son expérience à cette époque :

« J’étais en stationnement dans la fille de Lisieux, en Normandie,aux environs de janvier 1950. Je décidai ce jour-là d’aller au marché pour y faire mes provisions. Sur la place de ce marché il y avait un colporteur biblique qui y vendait des Bibles et des Nouveaux Testaments. Je m’approchai de lui et il me parla du Seigneur qui guérissait encore aujourd’hui les malades.

Il me donna un prospectus que je mis précieusement dans mon porte-monnaie, quoique ne sachant pas lire. Plusieurs fois il tomba à terre quand je fis des achats, mais à chaque fois je le ramassai et le replaçai dans mon porte-monnaie, comme poussé par une main invisible.

Quelques mois plus tard, l’un de mes fils tomba malade. Je revins à Lisieux avec lui. Un docteur l’examina et me dit qu’il était atteint d’une appendicite, malheureusement accompagnée d’une péritonite tuberculeuse.

Je le fis transporter à l’hôpital. Les docteurs l’opérèrent, mais ils me dirent ensuite : « Il n’y a plus d’espoir pour la science humaine». Je demandai alors de quoi il s’agissait. L’un d’eux me répondit : « Madame, consolez-vous sur vos autres enfants, quant à celui-ci, n’y comptez plus».

Mais le Seigneur avait préparé la délivrance. Me souvenant dans mon désespoir de ce prospectus que le col-porteur m’avait donné en me parlant de guérison divine et que j’avais soigneusement conservé dans mon porte-monnaie, je le fis lire par une dame qui se trouvait là. Elle m’indiqua où se trouvait la salle évangélique dont l’adresse était mentionnée sur le prospectus. Je m’y rendis vivement.

C’était un dimanche matin à l’heure du culte. J’entrai sans frapper à la porte. J’interrompis le prédicateur en lui disant : « Mon-sieur, mon fils va mourir, venez prier pour lui ». Il me répondit : « Non,votre fils ne mourra pas, car Dieu est tout-puissant pour le délivrer».

A la fin du culte, l’Assemblée pria en faveur de mon fils. Ensuite, le prédicateur, Monsieur Gichtenaere, alla à l’hôpital voir mon fils. Il lui imposa les mains au nom du Seigneur. Quelques jours plus tard mon fils sortait de l’hôpital complètement guéri. Alors je me suis donnée an Seigneur Jésus avec toute ma famille. »

La nouvelle de la guérison miraculeuse se répandit rapidement à tous les membres de la famille dispersés en d’autres villes de France.Toute joyeuse, la maman fit envoyer une lettre à l’un de ses fils marié, surnommé Mandz, et qui circulait en caravane à 300 kilomètres de là.

Elle lui fit part du miracle et de la découverte de Jésus-Christ comme Sauveur et ami. Dès réception de la lettre, Mandz mit son auto en marche et rejoignit sa mère à Lisieux. Il assista aux réunions évangéliques pendant quelques jours, puis… la vie errante recommença. Les tziganes tombèrent dans l’oubli.

Mais Dieu avait son plan. Il veillait sur ces nouveaux convertis désireux de lui rester fidèles

MANDZ, UNE ÂME QUI CHERCHAIT DIEU

Pasteur Mandz

Pounette et Mandz, devant leur fourgon biblique

Tout jeune enfant, il fut dans l’obligation d’accomplir des rudes besognes et de garder les chevaux. Souvent, il n’avait pas le pain nécessaire. Souffrant de la faim, il commettait, parfois, quelques petits larcins pour calmer les douleurs de son estomac vide. Malgré sa grande détresse, il cherchait Dieu de toute son âme.

Au sein de la nature, du matin au soir, il essayait de découvrir ce Dieu inconnu nommé « Baro-dével » dans sa langue maternelle, le romanes. Il avait entendu parler des pèlerinages catholiques romains.

Chaque fois qu’il le pouvait, il se rendait à ces fêtes traditionnelles. Il avait l’espoir de trouver dans ces pratiques superstitieuses la paix que son cœur cherchait.

« Un certain jour, me dit-il, j’avais abandonné les chevaux de mes parents et je m’étais enfui pour aller assister au pèlerinage qui se déroulait à une vingtaine de kilomètres. J’étais allé à la fontaine dite miraculeuse et j’y avais rempli une petite bouteille ramassée le long d’un talus.

Le soir je revins au camp. Je dissimulai la bouteille parmi les fourrés et, la nuit venue, j’allai, en cachette de mes parents, la chercher pour la camoufler sous mon oreiller. Chaque nuit, je buvais une petite gorgée de cette eau avec l’espoir qu’elle me rendrait heureux, puisqu’on la disait miraculeuse ».

Plongé dans cette superstition il ne connaissait pas en son âme la paix avec Dieu. Quelle joie fut la sienne lorsque pour la première fois, il entendit, à Lisieux, la Bonne Nouvelle du Salut en Jésus-Christ.

Il avait la preuve de l’Amour de Dieu. Son frère venait d’être miraculeusement guéri. Il se donna à Dieu avec une foi totale et commença aussitôt à rendre témoignage à d’autres tziganes de sa tribu appelés « Man-Ouches »

QUI SONT LES TZIGANES ? D’OÙ VIENNENT-ILS?

Parallèlement au peuple juif, le peuple tzigane erre de par le monde depuis des siècles.

Partout persécuté, méprisé mais jamais assimilé, il n’a pas abandonné son idéal de liberté primitive. Sans patrie, et pourtant il forme un grand peuple, avec sa langue romanes, ses coutumes ancestrales, ses lois tribales, sa foi au Dieu unique : O-Del ou Baro-Devel, sa crainte du diable : le Beng. Peuple de voyageurs à l’aventure la plus passionnante sur la terre inhospitalière des « gadgés », c’est-à-dire des non-tziganes.

Ils endossent la nationalité des pays dans lesquels ils naissent ou vivent un temps, par obligation. Ils adoptent leurs religions par superstition. Ils vont toujours au gré des vents, gênés par la paperasserie incompréhensible des administrations, dont les lois constituent pour eux un joug pesant.

Ils vivent seulement pour le présent. Leur passé se perd dans les traditions estompées par le temps et l’avenir ne les inquiète pas. Ils sont en cela d’accord avec cette parole du Christ : « Ne t’inquiète pas du lendemain, à chaque jour suffit sa peine. »

On estime leur nombre entre sept et neuf millions. Il n’existe pas de statistique précise

Origine Raciale Énigmatique

Des savants historiens, philologues, ethnologues se sont penchés sur l’énigme sans établir d’une façon absolument certaine le pays et l’origine des tziganes, faute d’écrits ou de preuves matérielles suffisants.

Toutefois, leur origine a été située selon les thèses dans les pays suivants : Mésopotamie, Arménie, Assyrie, Indes, Egypte. Certains les considèrent comme les ancêtres de l’humanité entière, d’autres ont cru voir en eux les descendants de Cham, l’un des fils de Noé, ou de Caïn,fugitif et vagabond, ou de Tubal, le forgeron dont parle la Bible.

Il fut supposé, un temps, que les païens les obligèrent à quitter leur pays, à cause de leur refus de renier la foi chrétienne. Une autre hypothèse prétend qu’ils habitaient Babylone et furent contraints de fuir la ville au moment de sa destruction.

Sur un point, tous les savants sont d’accord : l’origine est asiatique. L’étude de la langue qui a emprunté des mots aux pays traversés permet de fixer l’itinéraire approximatif.

Fait étonnant, il a même été découvert que des mots tziganes apparaissent dans la langue arménienne en raison du fait de la présence des tziganes en Arménie un temps assez long.

En fait, c’est le mystère, l’énigme étrange du XXe siècle. Ce mystère nous lie au Mystère d’Israël (Romains 11 : 25).

Il y a eu des alliances entre tziganes et juifs et il existe des tziganes circoncis. Mais les tziganes sont-ils juifs eux-mêmes ? Il n’y a pas assez de preuves tangibles pour dire qu’ils le sont et il n’y en a pas pour déclarer qu’ils ne le sont pas. Le mystère demeure.

Toutefois, il existe de nombreuses coutumes qui ressemblent tellement à celles de l’Ancien Testament que cela laisse perplexe. Le livre d’Isaac Ben Zvi « Les tribus dispersées », nous oblige au regard de la vie de certaines communautés juives, à repenser la question.

Il précise, notamment, qu’en 1941 les troupes de Hitler exterminèrent, en Crimée, « 17 645 juifs achké nazis et 842 bohémiens » selon les rapports officiels nazis. Juifs et tziganes furent, de par leur sort, souvent liés ensemble et aussi par le fait de leur dispersion et de leur travail de commerçant ou d’artisan.

La comparaison valable serait celle des tziganes et des juifs nomades d’Afghanistan, de Géorgie, d’Arménie, du Nord-Ouest des Indes. Les points de ressemblance physiques et de traditions sont étonnants.

Le deuxième livre des Rois, chapitre 17, verset 6 et 1 Chr. 5 : 26, précisent que la dispersion des quelques tribus, dont celle de Manassé, se fit jusqu’au fleuve de Gozan qui est l’Indus et dans les villes des Mèdes.

Le mystérieux texte de Jérémie 49 : 34-39 leur a aussi été attribué en raison de ces déclarations : « Je les disperserai par tous ces vent set il n’y aura pas une nation où n’arrivent les fugitifs d’Elam. J’en détruirai le roi… Mais dans la suite des temps, je ramènerai les captifs d’Elam. »

Origine du Reveil

Quelle que soit la réponse à donner aux questions posées par les hypothèses, notre but est de leur apporter le message de la Bonne Nouvelle, à savoir que Jésus est le Messie, le Sauveur de tous les hommes et le seul capable de rendre parfaitement heureux.

LEURS VOYAGES VERS L’EUROPE ET L’AMÉRIQUE

En général, on pense qu’un groupe se serait dirigé vers l’Egypte pour atteindre l’Espagne en longeant la côte du Nord de l’Afrique. Arrivés en Espagne, le nom de Gitanos leur aurait été donné comme diminutif du mot Egyptianos. Le terme Gypsy viendrait aussi du fait de ce passage en Egypte.

Un autre groupe se serait dirigé vers le Caucase après avoir long-temps séjourné en Arménie tandis qu’un troisième aurait continué ses voyages dans la direction de la Grèce, de la Roumanie (d’où le nom de romanichel), de la Bohême (d’où le nom de Bohémiens).

De Hongrie,ils s’orientèrent vers l’Allemagne, où une bande apparut, en 1417, dans le voisinage de l’embouchure de l’Elbe. Le dimanche 17 août 1427, il s’arrivèrent, dit-on, à Paris. Ils campèrent à la Chapelle-Saint-Denis au nombre d’environ 1 000 à 1 200. Ils se disaient descendants des Egyptiens qui avaient refusé l’hospitalité à Joseph et Marie, lorsque ceux-ci étaient venus se réfugier en Egypte !

Sous le nom de « Sarrazins », une bande de 120 familles se présentèrent en 1447 à Orléans et en 1453 on trouve trace d’environ soixante à Châlons-sur-Marne.En 1440, ils apparaissent en Angleterre puis en Ecosse. De là ils se rendront vers le Canada et les Etats-Unis. L’évangéliste tzigane anglais GYPSY SMITH, eut un grand succès aux Etats-Unis au début de notre siècle.

Avec les facilités de la navigation et aussi des voyages par avion, les tziganes se déplacent sur tous les continents.

LES TRIBUS

En France, ils se divisent en trois grandes tribus. Celle qui vint la première à la connaissance de l’Évangile est la tribu des Man-Ouches.

Ils se subdivisent eux-mêmes en trois groupes différents, ceux dont la langue est enrobée de mots français, ceux qui sont sous influence allemande et ceux qui séjournent en Italie et appelés les man-ouches piémontais, ou sintis.

La seconde tribu qui vint au contact de la Bonne Nouvelle du Salut est la tribu des Roms. Leurs femmes, fidèles au costume traditionnel, portent de longues robes aux couleurs vives. Leurs cheveux sont tressés.

Si le commerce va bien, leur cou s’orne d’un collier de pièces d’or. Les Roms forment quatre grands groupes nettement distincts : les Tchouraras, les Lovaras, les Kalderachs, les Boyachs.

Les deux premiers ont un langage guttural, le timbre haut, l’aspect rude.Ils sont nomades à de rares exceptions près. Leurs mœurs sont sévères et leurs coutumes tribales compliquées et tenaces. Les traces de leur origine orientale demeurent vivaces dans leur comportement.

Pour vivre ils exercent de petits commerces ambulants, leurs femmes et leurs enfants vendant au porte à porte divers objets. Les hommes font du rétamage et du réalésage. S’ils ne sont pas convertis, ils envoient leurs femmes dire la bonne aventure. Les Kalderachs sont plus facilement sédentaires.

Il y a dans leur langage beaucoup de mots russes ou roumains. Le décor de leur demeure reste le même que celui des tentes sous lesquelles ils vivaient autrefois à l’exemple d’Abraham le nomade de la Bible. Ils sont grands buveurs de thé préparé dans des samovars russes et aromatisé de fruits. Il y a chez eux des chaudronniers qui fabriquent différents objets de cuivre. Ils sont répartis dans le monde entier.

Les Boyachs sont montreurs d’ours. On les trouve dans les balkans. Beaucoup sont aussi musiciens et fixés aux Etats-Unis. Il y en a très peu en France. La troisième tribu est appelée Gitanos, dans lesquels il faut distinguer les Catalans et les Andalous selon la région où ils ont vécu le plus longtemps.

Ils se rencontrent nombreux dans le sud de la France, en Espagne, au Portugal, en Amérique du Sud. Parfois, ils vivent dans des conditions matérielles très pénibles en des sortes de bidonvilles ou de ghettos juxtaposés aux villes

Mais dans toutes ces tribus se retrouvent tant de mœurs semblables,tant d’affinités qu’il est impossible de nier qu’ils constituent, au-delà de leurs barrières tribales, un peuple de même origine.

Tous accueillent le message de l’Évangile. Ce qui se passe aujourd’hui parmi eux, sur le plan de la foi chrétienne, est la répétition, en notre XXe siècle, de l’histoire des Actes des Apôtres…

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