Pasteur Jacques Sannier

Souvenir

Le départ vers la Patrie Céleste

La veille de son départ, il avait encore joué avec ses petits-enfants au ballon, puis est allé se coucher dans sa caravane, et selon son habitude, il s’est mis à lire sa Bible.

C’est ainsi que le lendemain matin, ses enfants l’ont trouvé, avec ses lunettes et sa Bible ouverte. C’est dans le petit village de Vesaigne-sur-Marne à 25 kilomètres au sud de Chaumont, qu’il a été inhumé ce mois d’avril 2009 en présence de plusieurs pasteurs de Vie et Lumière, qui se sont dérangés de toute la France pour venir saluer le départ d’un grand homme de Dieu, et aussi afin de témoigner à sa famille leur sympathie et leur émotion. Quelques habitants et personnalités de la commune de Vesaigne ont également assisté aux obsèques qui se sont déroulées avec beaucoup d’émotion. Né le 29 juin 1927, Jacques aurait fêté ses 82 ans cette année, mais le Seigneur en a décidé autrement. Aujourd’hui il se repose auprès du Seigneur de tous les travaux qu’il a accomplis pour son Sauveur avec une grande fidélité au milieu du peuple tzigane. Georges Meyer, président de la Mission tzigane a pris la parole pour évoquer son parcours en citant le texte de Paul à Timothée : 2 Tim.4 :7-8

Si Jacques avait encore quelque chose à nous dire aujourd’hui, je pense qu’il nous dirait quatre choses : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge me la donnera dan ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement

Plusieurs autres personnes, ainsi que ses proche ont tous évoqué la personnalité de Jacques, sa simplicité, sa consécration, son amour pour le Tziganes et en particulier pour tous ceux de l’Inde qu’il a portés sur son cœur jusqu’à la fin Dans le numéro 194 de nôtre magazine Vie e Lumière, la rédaction lui avait consacré un article dans lequel il donne un résumé de son parcours Je pense qu’il n’est pas superflu de le reproduire ici, car il me semble être toujours une grande leçon spirituelle pour tous

Wasso Ferret

Après avoir travaillé environ trente-cinq ans comme Trésorier général dans la Mission tzigane. mais aussi en servant le Seigneur dans le ministère de la prédication, le Pasteur Jacques SANNIER. aujourd’hui en retraite et âgé de 79 ans. a bien voulu confier à la rédaction de Vie et Lumière. quelques mots de son expérience vécue parmi les Tziganes

jacques Sannier
N.D.L.R. Jacques disait souvent : "Je n'ai pas cherché à réussir dans la vie, mais cependant j'ai réussi ma vie, ct c'est ce qui compte", et c'est là bien sûr tout un message spirituet. Il restera pour toujours un exemple, et une mémoire qui survivra dans la Mission tzigane. Nous vous demandons de prier pour sa famille.

V&L : Comment avez-vous rencontré le Seigneur pour la première fois ?

J.S. Des expériences inattendues m’ont conduit aux pieds de Jésus. J’ai été élevé dans la religion catholique de mes parents, mais alors que mon père n’était pas très pratiquant, ma mère nous emmenait souvent, ma sœur et moi, à l’église catholique. Javais la crainte de Dieu, et mes parents m’avaient élevé dans de bons principes, pourtant je ne connaissais pas grand-chose de Dieu, et bien peu de choses au sujet de l’Évangile.

C’est pendant mon séjour dans une colonie de vacances protestante que j’ai eu l’occasion d’entrer dans un temple, et entendu prêcher pour la première fois. J’étais alors âgé d’environ six ans, mais ce qui m’a frappé le plus en allant dans ce Temple protestant à Segonzac, c’était de voir le pasteur revêtu d’une robe noire avec son jabot blanc, j’en suis resté impressionné.

Ma première lecture des Évangiles dans la traduction Ostervald date de mes 18 ans, je lisais mais je ne comprenais rien.

Je veux rappeler un événement que j’ai vécu à cette époque : alité dans une petite chambre à cause d’un lumbago, il y avait de la place juste pour un lit, une armoire et une chaise, pas de fenêtre si ce n’est qu’un simple vasistas au-dessus de ma tête. Il y avait aussi une étagère avec des livres au-dessus de mon lit et j’ai eu cette pensée: j’aimerais dans un espace étroit avec tous les objets à la portée de ma main. J’ai lu un livre sur les Tziganes et je me rappelle avoir pensé que j’aimerais vivre comme eux et voyager. J’étais loin de m’imaginer un jour dans une caravane. Aujourd’hui je suis certain que Dieu a orienté ma vie.

Sur l’insistance de mon épouse et pour lui faire plaisir, je suis allé pour la première fois dans une réunion évangélique, j’étais alors âgé de trente ans. J’y fus bien accueilli, et l’ambiance qui régnait dans cette réunion m’impressionnait. J’ai entendu la Parole de Dieu comme je ne l’avais jamais entendue. À cette époque, mon épouse souffrait de dépression… Je me suis retrouvé à la croisée des chemins en me demandant : comment m’en sortir ? J’ai prié et levé les bras vers le ciel en disant : « Seigneur, si tu existes vraiment viens à mon secours ». J’avais à peine fini ma prière que j’ai ressentie dans mon être une paix m’envahir. Quelque temps plus tard. la banque dans laquelle je travaillais me proposa le poste de fondé de pouvoir, comme cadre dans une agence au Havre : j’ai accepté et j’ai déménagé, c’était à la  de l’année 1956. Je continuais à fréquenter les réunions évangéliques dans l’église des Assemblées de Dieu au Havre, puis je pris l’engagement de suivre Dieu en me faisant baptiser par immersion.

V&L: Dans quelles circonstances avez-vous rencontré pour la première fois les Tziganes évangéliques ?

J.S. Je ne m’imaginais pas que ma vie allait prendre une autre direction. Cette même année 1956, je rencontrai pour la première fois le Pasteur Clément Le Cossec qui me demanda si je voulais bien travailler avec lui dans l’administration de la revue « Lumière du Monde », j’ai accepté avec joie sans savoir où cela pouvait me mener.

Je travaillais toujours à la banque, et je me souviens qu’un après-midi, après avoir prié et demandé à Dieu de me permettre de travailler pou Lui, je Lui ai dit : « Même si j’ai du travail par dessus la tête, je ne m’en plaindrai pas ». partir de ce moment-là, je suis sûr que Dieu orienté ma vie.

C’est à la Convention de Lille en 1962 que je fait la connaissance de plusieurs prédicateur tziganes.

En 1966 la Mission tzigane s’installait à Les Choux dans le Loiret. C’est au cours d’un Convention annuelle que le Pasteur Clément Le Cossec me demanda si cela me plairait de travailler dans l’œuvre avec lui. Pour cela, il me fallait quitter la banque et m’occuper de l’administration de la Mission Vie et Lumière, ce que j’ai accepté sur le champ, sans penser à ce qu’il m’attendait. J’ignorais tout de la vie du voyage cela fut pour moi une expérience unique.

À la fin de cette année-là, je quittais la banque et je m’engageais par la foi. J’avais alors 40 ans La Mission me proposait un salaire moitié moindre de ce que je gagnais, mais j’ai accepté avec joie

V&L: Après avoir vécu 40 ans au milieu de Tziganes, vous reste-t-il un regret ou bien un souhait ?

J.S. Les années ont passé, et j’ai traversé bien de difficultés, mais Dieu ne m’a jamais malgré la santé toujours délicate de mon épouse, qui fut pour moi une épouse remarquable une précieuse collaboratrice. Dans l’année 2003, elle est partie auprès du Seigneur dans la gloire, Ainsi j’ai eu le grand privilège d’avoir eu un épouse et des enfants qui ont bien voulu vivre avec moi cette aventure.

À présent, je suis retraité et je vais avoir très bientôt 80 ans, je regarde ma vie, et je suis heureux et satisfait de voir comment Dieu m’a conduit

avec ma famille dans un ministère qu’il a toujours richement béni au milieu de mes frères sœurs tziganes. Non, franchement, je n’ai rien regretter, et si c’était à refaire je n’attendrais pas d’avoir 40 ans pour m’engager à nouveau. Cela fera 33 ans que je voyage en caravane sur le routes, en prêchant l’Évangile. Quelle merveilleuse expérience Dieu m’a donnée à vivre !

Jacques Sannier

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